
⏱ Temps de lecture : 6 min
Sic bo signifie littéralement « dés précieux » en chinois. Derrière ce nom presque poétique se cache l’un des plus vieux jeux de dés encore proposés dans les casinos du monde entier — et l’un des plus mal compris.
Plus de deux mille ans d’histoire, encore débattus
Les origines exactes du sic bo restent difficiles à dater avec certitude. La plupart des historiens du jeu s’accordent sur une origine chinoise ancienne, possiblement vieille de plus de deux millénaires, mais les sources les plus fiables reconnaissent que les détails précis de cette généalogie demeurent débattus. Le jeu est connu sous plusieurs noms selon les régions : dai siu et tai sai en cantonais, qui signifient tous deux « grand petit », ou encore hi-lo aux Philippines.
De la Chine à Macao, puis au reste du monde
Le sic bo trouve un terrain de prédilection à Macao, où il devient l’un des piliers des salles de jeu, juste derrière le baccara en popularité. Le jeu traverse le Pacifique au début du 20e siècle, importé aux États-Unis par les communautés d’immigrants chinois — d’abord dans des cercles informels, avant de gagner une place légitime sur les planchers de casino américains.
Il faudra attendre les années 1980 et 1990 pour que le sic bo s’impose réellement dans les casinos occidentaux, à mesure que les établissements de Las Vegas et d’Europe cherchent à séduire une clientèle asiatique grandissante. Le Royaume-Uni l’autorise légalement dans ses casinos depuis 2002.
Trois dés, un nombre vertigineux de paris possibles
Contrairement au craps, le sic bo se joue sans lanceur ni séquence de tours : un croupier secoue les trois dés dans une cage scellée, ou actionne un agitateur électronique, et tous les paris se règlent en un seul geste. Cette simplicité de déroulement masque une grille de paris particulièrement riche — total des trois dés, parité, numéro unique, doubles, triples spécifiques ou combinaisons à deux chiffres.
Les paris les plus sûrs restent « petit » (un total entre 4 et 10) et « grand » (entre 11 et 17), avec un avantage maison limité à 2,78 %, comparable à celui de la roulette française. À l’autre extrémité, le pari sur un triple spécifique — les trois dés affichant le même numéro choisi à l’avance — est statistiquement le pire de la table, mais aussi le plus spectaculaire : il rapporte généralement 180 fois la mise, parfois 150 selon les établissements.
Un cousin éloigné du chuck-a-luck
Le sic bo partage une parenté lointaine avec le chuck-a-luck et le grand hazard, deux jeux de dés d’origine anglaise apparus à peu près à la même époque mais sur un tout autre continent. Les trois jeux misent sur trois dés et une mécanique de hasard pur, mais le sic bo se distingue par la richesse de sa grille de paris, héritée de plusieurs siècles de pratique en Chine puis à Macao.
Sa rapidité d’exécution — un résultat toutes les minutes, sans phase d’attente entre les mises — en fait également un excellent candidat pour rythmer un casino événementiel pour entreprises franciliennes, où l’enchaînement rapide des manches maintient l’attention de tout le groupe.
→ Chuck-a-luck : l’histoire de la cage à dés
→ Craps : le jeu de dés de Bernard de Marigny
Questions fréquentes
Le pari à 180 contre 1 au sic bo, c'est sur quel résultat exactement ?
Ce paiement concerne uniquement le pari sur un triple spécifique, c'est-à-dire que les trois dés affichent le même numéro précis choisi à l'avance par le joueur. Une combinaison de trois numéros différents, comme 4-5-6, relève d'un autre type de pari, payé à des cotes bien plus modestes.
Pourquoi le sic bo a-t-il autant de noms différents ?
Parce qu'il a voyagé à travers toute l'Asie avant d'arriver en Occident : dai siu et tai sai en cantonais, hi-lo aux Philippines, sic bo en anglais international. Toutes ces appellations désignent fondamentalement le même jeu.
Le sic bo et le craps sont-ils liés historiquement ?
Non, ce sont deux lignées distinctes : le craps descend du jeu anglais Hazard, popularisé en Louisiane au 19e siècle, tandis que le sic bo est un jeu chinois bien plus ancien. Leur seul point commun est l'usage de dés et la logique de pari sur leur résultat.
Lire aussi: 17, 23, 29 : pourquoi votre cerveau n’oublie jamais ce que vous n’avez pas gagné
Lire aussi: 1955 : l’année où Las Vegas a basculé dans l’ère des grands casinos
Lire aussi: 1955 : le boom qui a changé Las Vegas