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20 juillet 1961. Los Angeles, Brentwood. Mickey Cohen sort de sa Lincoln Continental. Trois coups de feu. Le premier touche l’épaule droite. Le second traverse le bras. Le troisième, fiché dans la mâchoire, lui brise plusieurs dents. Cohen s’effondre sur le trottoir, hurlant. Il survivra. Mais cette nuit-là, Mickey Cohen comprend que la mafia l’a condamné. Non pas à mort — à l’humiliation. Un gangster qui se fait tirer dessus devant chez lui, et qui vit, n’est plus un gangster. C’est un témoin.
Né en 1913 à Brooklyn, Meyer Harris Cohen grandit dans la violence domestique. À quatorze ans, il est boxeur amateur. Il rencontre Bugsy Siegel à New York, par l’intermédiaire de la famille Lansky. Siegel prend le gamin sous son aile. Cohen deviendra son garde du corps, puis son exécuteur, puis son associé.
La construction du Flamingo : le premier chantier sous les balles
Quand Siegel décide de bâtir le Flamingo en 1945, il envoie Cohen sur place. Objectif : surveiller les entrepreneurs, protéger les convois d’argent, et casser les grèves. Cohen s’installe à Las Vegas avec une équipe de six hommes, tous armés. Il négocie les livraisons de ciment avec des menaces physiques. Il dort sur le chantier, dans une caravane, un fusil à pompe sous le matelas.
À l’été 1946, le chantier du Flamingo est l’un des plus violents de l’histoire de Las Vegas. Mais il tient les délais. Siegel remercie Cohen avec une montre en or et une part symbolique dans l’exploitation future. Cohen revend cette part trois mois avant l’assassinat de Siegel. Lansky lui en voudra toujours.
Le parrain de Los Angeles : une décision fatale
Après la mort de Siegel, Cohen refuse de rejoindre l’organisation Lansky. Il veut Los Angeles pour lui seul. Il rachète des bookmakers, contrôle les paris hippiques, ouvre des clubs de strip-tease et des casinos illégaux. Il devient le roi des nuits de Los Angeles. Mais il commet l’erreur que ni Lansky ni Siegel n’avaient faite : il cherche la lumière.
Cohen accepte les interviews. Il pose pour les photographes en costume blanc, chapeau Borsalino, cigare au coin des lèvres. Il ouvre une boutique de vêtements sur Sunset Boulevard. Il se lie d’amitié avec Frank Sinatra et Sammy Davis Jr. En 1950, le magazine Life lui consacre un portrait de six pages. Cette publicité est son arrêt de mort. Le fisc le surveille depuis des années.
La balle qui n’a pas tué, et la prison qui a fini le travail
En 1961, après la tentative d’assassinat, Cohen porte plainte. Un gangster qui porte plainte — c’est une rupture absolue du code de l’omertà. La mafia le lâche définitivement. En 1963, une nouvelle condamnation pour fraude fiscale l’envoie à Alcatraz. Il meurt le 29 juillet 1976, dans une maison de retraite médicalisée de Los Angeles. Personne de la mafia n’assiste à ses funérailles. Lansky aurait dit : « Mickey n’a jamais compris que le crime organisé est une entreprise, pas un spectacle. »
L’héritage médiatique de Mickey Cohen
Cohen a ouvert la voie aux représentations médiatiques du gangster — Tony Soprano, les films de Scorsese et Tarantino. Mais lui n’a jamais touché de droits d’auteur. Ce que Cohen aurait aimé, c’est une soirée à sa gloire — des lumières, des costumes, des cigares. Cette atmosphère glamour, une animation casino île-de-France le propose en version légale. Mickey Cohen en aurait bavé.
Ce que ces hommes ont bâti — un imaginaire du casino comme espace de pouvoir — s’exprime aujourd’hui dans un cadre radicalement différent : celui d’une animation casino île-de-France, où la mécanique des tables reste entière, sans les règlements de comptes.
FAQ
1. Qui était Mickey Cohen ? Mickey Cohen (1913-1976) était un gangster américain, bras droit de Bugsy Siegel, qui a participé à la construction du Flamingo et dirigé les jeux illégaux de Los Angeles.
2. Pourquoi a-t-il été victime d’une tentative d’assassinat ? La mafia de Chicago lui reprochait son arrogance médiatique et son refus de partager les profits de Los Angeles avec l’organisation nationale.
3. Quel est son héritage ? Il a incarné le gangster médiatique, dont l’exhibitionnisme a accéléré la régulation fédérale du jeu illégal.