Allen Glick : le prête-nom du Stardust qui a joué et gagné

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15 mars 1979. Las Vegas, tribunal fédéral. Allen Glick, 42 ans, costume bleu marine, cravate sobre, attend son tour. Il vient de plaider coupable pour fraude sur prêt bancaire — un chef technique, pas de la violence. Le juge le condamne à deux mois de prison. Glick sait qu’il est l’un des rares associés de l’Outfit à sortir vivant de Las Vegas. Propriétaire officiel du Stardust, du Fremont, du Hacienda et du Marina, il n’a jamais été qu’un prête-nom. Mais contrairement aux Frank Rosenthal, aux Tony Spilotro, aux Johnny Roselli, Allen Glick n’a pas fini dans une voiture piégée ou un baril d’acide.

Allen Glick naît le 21 novembre 1939 à Youngstown, Ohio. Il étudie le droit à l’université de Pittsburgh. En 1966, il s’engage dans l’armée et part au Vietnam comme officier de renseignement. Il revient décoré et monte une société d’investissement immobilier. En 1972, un associé lui présente un avocat qui a un ami qui cherche des financements pour acheter un casino. L’ami s’appelle Frank Rosenthal.

L’ascension fulgurante du « propriétaire » idéal

Entre 1972 et 1974, Glick emprunte près de 70 millions de dollars à la Teamsters Union. Les dossiers sont gonflés, les garanties fictives. Avec cet argent, il achète le Stardust, puis le Fremont, le Hacienda et le Marina. Officiellement, il est le président et l’unique propriétaire. Officieusement, il ne possède rien. La mafia de Chicago lui verse 5 % des bénéfices. Glick signe les chèques et ne pose jamais de questions.

Son bureau au Stardust est luxueux. Mais Glick n’a aucun pouvoir. Chaque matin, Frank Rosenthal lui envoie un rapport des gains, des pertes, et du skim. Glick ne lit pas les détails. Il signe. Les cadres du casino le surnomment « le fantôme en costume ».

La chute : quand la bulle éclate

1978. Le FBI remonte la filière des prêts de la Teamsters. Glick est inculpé pour fraude bancaire. Il plaide coupable, comme convenu avec les avocats de la mafia. Il sort en décembre 1979. Il retourne à San Diego. Il ne remet jamais les pieds à Las Vegas.

L’héritage du prête-nom : un modèle pour l’hôtellerie casino

Le 8 août 2020, Allen Glick meurt à l’hôpital Scripps de San Diego. Cause : complications d’une maladie pulmonaire. Il avait 80 ans. L’avis de décès ne mentionne ni Las Vegas, ni la mafia, ni le Stardust. Glick a prouvé qu’un prête-nom pouvait survivre en respectant une règle simple : se taire, disparaître, ne jamais témoigner.

Ce que l’ancien prête-nom aurait aimé, peut-être, c’est une soirée sans conséquence : des jetons, des amis, pas de mafia dans les coulisses. Une animation casino anniversaire propose exactement cette parenthèse — le frisson du jeu sans le contrat de sang.

Ce que ces hommes ont bâti — un imaginaire du casino comme espace de pouvoir — s’exprime aujourd’hui dans un cadre radicalement différent : celui d’une animation casino en entreprise, où la mécanique des tables reste entière, sans les règlements de comptes.

FAQ

1. Qui était Allen Glick ? Allen Glick (1939-2020) était un ancien officier du Vietnam devenu propriétaire officiel de quatre casinos de Las Vegas, servant en réalité de prête-nom pour la mafia de Chicago.

2. Pourquoi a-t-il été condamné ? Il a plaidé coupable en 1979 pour fraude sur prêts bancaires : 70 millions empruntés à la Teamsters sur dossiers falsifiés.

3. Comment a-t-il survécu là où d’autres sont morts ? En quittant Las Vegas, en retournant en Californie, et en ne témoignant jamais contre la mafia.


Questions fréquentes

Pourquoi Allen Glick était-il surnommé « le fantôme en costume » ?

Parce qu'il occupait un bureau luxueux au Stardust sans jamais prendre de décision. Il se contentait de signer les rapports quotidiens envoyés par Frank Rosenthal, sans poser de questions ni lire les détails du skim mafieux.

Comment un ancien du Vietnam a-t-il pu emprunter 70 millions de dollars en quelques années ?

Grâce à la Teamsters Union, le syndicat des camionneurs infiltré par la mafia. Les dossiers étaient gonflés, les garanties fictives, et Glick servait de façade parfaite : vétéran décoré, juriste, sans casier.

Quelle était la règle d'or qui a sauvé la vie d'Allen Glick ?

Se taire, disparaître, ne jamais témoigner. Contrairement à Rosenthal ou Spilotro, Glick a quitté Las Vegas définitivement en 1979 et n'a jamais collaboré avec le FBI.

Pourquoi son avis de décès ne mentionne-t-il ni Las Vegas ni le Stardust ?

Parce que Glick a effacé toute trace de son passé mafieux après sa sortie de prison. Il a vécu 40 ans à San Diego dans l'anonymat total, loin des casinos et des règlements de comptes.


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