
Illustration — Profil de la ville de Gênes, gravure éditée par Pieter Mortier. Domaine public, via Wikimedia Commons.
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Gênes, au XVIIe siècle. Les chroniques racontent — et la vérité exacte des faits reste sujette à caution — qu’un marchand du port aurait imaginé un pari sur les noms des nouveaux sénateurs. Les Génois, peuple de commerçants et de navigateurs, auraient rapidement adopté ce jeu. La Sérénissime République, toujours à la recherche de financement pour ses guerres et ses palais, n’aurait pas tardé à en comprendre l’intérêt fiscal.
L’histoire du Lotto est une histoire de hasard institutionnalisé. Comme pour beaucoup d’origines de jeux populaires, les récits sont mêlés de légendes et d’approximations. Ce qui est certain, c’est que la République de Gênes a officialisé et fiscalisé le jeu des numéros au XVIIe siècle — en 1643 — créant le modèle qui allait essaimer dans toute l’Europe.
La République de Gênes et la loterie officielle
La République de Gênes a officialisé le Lotto en le transformant en loterie d’État. L’État s’arrogeait l’exclusivité du jeu, en fixait les règles, organisait les tirages, et prélevait sa part. Les joueurs misaient sur des numéros. L’État gardait la différence entre les mises collectées et les gains distribués.
Cette structure — monopole d’État, prélèvement sur les mises, gains nets pour les joueurs — est exactement celle que la plupart des loteries nationales modernes ont adoptée. La Française des Jeux reproduit ce modèle depuis sa création. L’EuroMillions fonctionne selon les mêmes principes.
La diffusion européenne
De Gênes, la loterie s’est répandue en Italie, puis dans toute l’Europe. Venise, Florence — où une loterie publique distribuait des lots en argent dès 1530 — et Rome ont adopté leurs propres versions. En France, la première loterie royale date de 1539, sous François Ier. En Angleterre, Elisabeth Ire a lancé une loterie en 1569 pour financer la réparation des ports.
Dans chaque cas, le modèle est le même : l’État organise, l’État prélève, l’État distribue une partie — et garde le reste.
La fiscalité implicite de la loterie
La loterie est l’instrument fiscal le plus discret de l’histoire. Les joueurs ne perçoivent pas leur mise comme un impôt. Ils la perçoivent comme un billet d’entrée dans le monde de la chance. Pourtant, le taux de prélèvement des loteries modernes est considérable : la Française des Jeux reverse environ 68 % des mises en gains, gardant 32 % pour couvrir ses coûts et ses impôts.
Ces 32 % sont une taxe volontaire. Une fiscalité acceptée, voire désirée, parce qu’elle s’accompagne d’une promesse : celle de devenir riche en un instant.
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Les chroniques historiques attribuent l’origine du Lotto à Gênes au XVIIe siècle, mais les détails exacts restent sujets à discussion. Ce qui est certain, c’est que la République de Gênes a officialisé et fiscalisé un jeu de numéros qui allait devenir le modèle de toutes les loteries nationales européennes.
Une loterie retient une partie des mises — généralement 25 à 35 % — qui couvre ses coûts opérationnels, ses impôts, et sa contribution à l’État. Les joueurs ne perçoivent pas cette retenue comme un impôt, mais comme le coût d’un billet vers la fortune.
Oui. Les loteries nationales modernes — Française des Jeux, Loto allemand, EuroMillions — reproduisent exactement le modèle génois : monopole d’État ou d’opérateur agréé, prélèvement sur les mises, distribution d’une partie en gains.