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25 mai 1993. Metairie, Louisiane. Un vieil homme en chaise roulante, rongé par la maladie d’Alzheimer, meurt dans une maison de retraite. Personne ne vient. Pourtant, cet homme a dominé le jeu illégal du Sud des États-Unis pendant quarante ans. Il a possédé des parts dans deux casinos de Las Vegas. Et surtout, il a été interrogé comme l’un des principaux suspects du meurtre de John F. Kennedy. Carlos Marcello, le « petit homme » de la Nouvelle-Orléans, est mort sans avoir jamais été inquiété. Mais le doute, lui, ne l’a jamais quitté.
Né le 6 février 1910 à Tunis, dans une famille sicilienne, Calogero Minacore débarque à La Nouvelle-Orléans à l’âge d’un an. À vingt ans, il contrôle déjà plusieurs bookmakers dans le French Quarter. Son surnom : « The Little Man » — un mètre soixante-cinq, des mains fines, des yeux noirs qui ne clignent jamais.
L’expulsion avortée — la décision fatale
1961. Le procureur général Robert F. Kennedy déclare une guerre totale à la mafia. Le 4 avril 1961, des agents de l’immigration menottent Marcello et le déportent au Guatemala. Marcello, qui n’a plus mis les pieds en Sicile depuis l’enfance, erre une semaine dans la jungle guatémaltèque. Il parvient à rentrer clandestinement aux États-Unis. Il racontera plus tard : « Kennedy m’a humilié. On ne fait pas ça à un homme de mon rang. »
Selon le témoignage de l’agent infiltré Jack Van Laningham, Marcello aurait déclaré : « Il faut enlever la pierre qui gêne. Tu prends ton fusil, tu le mets derrière une haie, et tu fais le travail. » L’enregistrement, de qualité médiocre, ne suffira jamais à inculper. En privé, selon un rapport de la CIA déclassifié en 1993, il aurait dit : « Le chien (Kennedy) a été battu. Le maître (Bobby) n’a plus de dents. »
L’empire des jeux : de la Louisiane à Las Vegas
À son apogée, Marcello contrôle environ 50 % des jeux illégaux du Sud. Ses revenus annuels sont estimés à 200 millions de dollars. Sa méthode : l’invisibilité. Il investit discrètement à Las Vegas via la société écran « Bishop & Sons ». Il ne met jamais les pieds dans le Strip.
Marcello et Las Vegas : un empire invisible
Son empire s’effondre dans les années 1980. Le FBI, grâce à des écoutes, l’enregistre en train de discuter de prêts usuraires. En 1983, il est condamné à sept ans de prison pour racket. Il purge quatre ans. À sa sortie, la maladie d’Alzheimer le gagne.
Carlos Marcello n’a jamais été jugé pour l’assassinat de Kennedy. Mais pour les historiens du crime organisé, il reste le suspect le plus plausible. Ce que Marcello aurait détesté, paradoxalement, c’est la légèreté des soirées casino contemporaines. Une soirée casino CSE propose des jetons propres, des croupiers souriants, des transactions déclarées. Pas de parrain dans l’ombre.
Ce que ces hommes ont bâti — un imaginaire du casino comme espace de pouvoir — s’exprime aujourd’hui dans un cadre radicalement différent : celui d’une soirée casino CSE, où la mécanique des tables reste entière, sans les règlements de comptes.
FAQ
1. Qui était Carlos Marcello ? Carlos Marcello (1910-1993) était le patron de la mafia de La Nouvelle-Orléans pendant plus de quarante ans, contrôlant les jeux illégaux dans tout le Sud des États-Unis.
2. Quel est son lien avec l’assassinat de JFK ? Marcello est l’un des suspects les plus sérieux selon la Commission Church (1976). Il aurait eu le mobile (humiliation par Robert Kennedy), les moyens et l’opportunité.
3. Quel est son héritage à Las Vegas ? Il a démontré qu’un parrain régional pouvait prendre des parts invisibles dans les casinos du Strip via des prête-noms.
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