Russell Bufalino : le don silencieux qui a prêté l’argent de Las Vegas

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25 février 1994. Kingston, Pennsylvanie. Russell Bufalino meurt dans un lit d’hôpital, à 91 ans, entouré de sa famille — ce qui, dans son monde, confine au miracle. Il était surnommé « The Quiet Don » (le don silencieux) par ceux qui le craignaient, et « l’homme le plus dangereux que vous n’ayez jamais rencontré » par ceux qui l’avaient côtoyé. Il avait les mains douces d’un tailleur, la voix posée d’un comptable, et l’autorité absolue sur l’une des cinq familles les plus influentes d’Amérique.

Russell Bufalino ne cherchait pas la lumière. Il la fuyait. Né Rosario Alfredo Bufalino à Montedoro, en Sicile, en 1903, il traverse l’Atlantique à trois mois dans les bras de sa mère. Son père, mineur de charbon, meurt dans un accident quelques mois après leur arrivée.

Le banquier secret du Strip

Dans les années 1960 et 1970, Bufalino joue un rôle plus discret, mais plus fondamental que le skimming. Son entreprise, ce n’est pas le prélèvement — c’est le financement. Contrairement aux Aiuppa ou aux Civella, Bufalino ne prélève pas de sacs de billets. Il prête l’argent qui sert à construire les casinos.

Ses fonds proviennent des syndicats de camionneurs, des caisses de retraite locales qu’il contrôle, et de ses propres revenus issus des prêts usuraires et des jeux clandestins. « Bufalino a prêté l’argent qui a construit Las Vegas », résume Matt Birkbeck, son principal biographe. La légende veut qu’il n’ait jamais mis les pieds dans un casino de Las Vegas après 1970. Il n’en avait pas besoin.

La conférence d’Apalachin et le parrain des parrains

1957. Bufalino organise la fameuse réunion d’Apalachin, dans la propriété de son mentor Joseph Barbara. L’objectif : réunir les patrons des principales familles mafieuses pour discuter de la répartition des territoires. La police d’État de New York débarque en force. Soixante-deux cadillac se garent dans l’allée. Bufalino, lui, échappe aux policiers en traversant les bois en costume trois-pièces. Ce jour-là, les médias découvrent l’ampleur du crime organisé. Mais aucun journaliste ne peut mettre un nom sur le visiteur discret.

Le casino perdu de Cuba et la CIA

Avant Castro, Bufalino possédait un casino près de La Havane. En 1959, Castro prend le pouvoir et exproprie les casinos. Bufalino laisse derrière lui un casino vide et une cache de 450 000 dollars. En 1961, la CIA le contacte. Elle lui propose un marché : espionner les mouvements de troupes de Castro en vue de la Baie des Cochons, en échange de récupérer ses biens. Bufalino accepte. Mais les informations sont inutilisables. L’invasion échoue.

En 1975, quand Jimmy Hoffa menace de révéler les liens entre la mafia et les services secrets, Bufalino donne l’ordre de le faire taire. Selon Frank Sheeran, le tueur irlandais du film The Irishman, Bufalino lui a personnellement demandé d’abattre Hoffa.

L’arrestation, la prison, et la fin d’un empire

Bufalino est condamné à quatre ans de prison pour extorsion en 1978. En 1981, nouvelle condamnation : dix ans pour avoir comploté le meurtre d’un témoin. Il en purgera six ans et huit mois. À sa sortie, il retourne à Kingston. Il vit reclus, entouré de sa famille. Il meurt d’un cancer en 1994.

L’héritage d’un financier de l’ombre

L’héritage de Bufalino est invisible, mais colossal. Il a été l’un des premiers à comprendre que l’argent du crime organisé devait se blanchir par les prêts, pas par les paris. Ce pouvoir silencieux, on le retrouve aujourd’hui dans des cadres bien plus paisibles. Une animation casino Val-de-Marne ne nécessite ni prête-nom ni commission secrète. Juste des jetons, des tapis verts, et l’assurance que personne ne viendra vous demander des comptes le lendemain.

Ce que ces hommes ont bâti — un imaginaire du casino comme espace de pouvoir — s’exprime aujourd’hui dans un cadre radicalement différent : celui d’une animation casino Val-de-Marne, où la mécanique des tables reste entière, sans les règlements de comptes.

FAQ

1. Qui était Russell Bufalino ? Russell Bufalino (1903-1994) était le chef de la famille criminelle Bufalino en Pennsylvanie. Surnommé « The Quiet Don », il fut l’un des parrains les plus discrets mais les plus influents du XXe siècle.

2. Quel est son lien avec la CIA ? Avant la révolution cubaine, il possédait un casino à La Havane. En 1961, la CIA l’a recruté pour espionner Castro en vue de la Baie des Cochons.

3. Pourquoi est-il connu du grand public ? Sa vie a été portée à l’écran par Joe Pesci dans The Irishman de Martin Scorsese (2019).

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