
Illustration — Le Strip de Las Vegas (vue contemporaine). Photo : darwin cruz, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.
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2024. Carson City, Nevada. Le gouverneur signe le budget de l’État. Les calculs sont serrés. Sans les 1,2 milliard de dollars de taxes et de frais générés par les casinos, l’éducation, les routes et la police devraient être coupées. Le Nevada n’a pas d’impôt sur le revenu. Il survit grâce aux jetons, aux cartes et aux machines à sous. Les joueurs, sans le savoir, paient les écoles.
À 3 000 kilomètres de là, Jackson, Mississippi. Le budget de l’État dépend aussi des casinos. 8 % des recettes brutes des établissements de jeu reviennent à l’État, 4 % aux collectivités locales. Environ 300 millions de dollars par an. Sans cette manne, les hôpitaux publics et les universités devraient fermer.
Nevada : 43 % du budget de l’État viennent des jeux
En 2024, les 307 casinos du Nevada ont versé 1,2 milliard de dollars de taxes et de frais liés aux jeux. Ce chiffre représente environ 43 % des recettes du fonds général de l’État.
L’État applique un taux d’imposition de 6,75 % sur les revenus bruts des jeux. En 2024, les taxes sur les revenus bruts des jeux ont rapporté près de 997,7 millions de dollars.
Ce système a un avantage : il attire les opérateurs. Mais il a un inconvénient : la dépendance. Les recettes fiscales du Nevada fluctuent avec l’économie. En 2024, les taxes sur les jeux ont baissé de 0,7 % par rapport à l’année précédente.
Mississippi : 27 % du budget et un débat sur la hausse des taxes
Le Mississippi est le deuxième État américain le plus dépendant des jeux de hasard. Ses casinos génèrent environ 2,5 milliards de dollars de revenus bruts par an. L’État prélève 8 %, et les collectivités locales 4 %, soit un total de 12 %.
En 2025, les casinos de la côte du Mississippi ont généré 1,59 milliard de dollars de revenus bruts. En février 2025, la Chambre des représentants a approuvé un projet de loi qui porterait le taux total de 12 % à 16 %, avec la part de l’État passant de 8 % à 12 %. Le projet de loi divise. Le président de la commission sénatoriale des jeux, David Blount, s’y oppose.
Le paradoxe de la dépendance fiscale
Le Nevada et le Mississippi incarnent le paradoxe de la dépendance fiscale au jeu. D’un côté, les taxes sur les jeux permettent à ces États de fonctionner sans impôt sur le revenu ou avec des impôts réduits. De l’autre, cette dépendance les rend vulnérables aux fluctuations économiques.
La dépendance fiscale au jeu a un autre coût : elle rend les États réticents à réguler le secteur. Un État qui tire 43 % de son budget des jeux de hasard ne peut pas se permettre de les restreindre.
Ce que les joueurs ignorent
Les joueurs qui misent à Las Vegas ou à Biloxi ne savent pas toujours qu’ils financent les écoles, les routes et les hôpitaux. Ils ne savent pas toujours que leurs pertes paient les salaires des enseignants et des policiers.
Cette réalité est un contraste saisissant avec la France. En France, les gains de jeu sont exonérés d’impôt pour les amateurs. L’État prélève sa part sur les opérateurs, pas sur les joueurs.
Cette réalité, les entreprises qui organisent des soirées de jeu la connaissent bien. Elles proposent une expérience sans enjeu financier, où les jetons n’ont pas de valeur, où les gains ne sont pas des revenus. Le joueur ne finance pas les écoles, ne paie pas les routes. C’est le modèle d’une animation casino entreprise en Île-de-France : le frisson des tables, sans la dépendance fiscale qui pèse sur le Nevada et le Mississippi.
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Les taxes sur les jeux de hasard représentent environ 18 % du Fonds général de l'État du Nevada. En 2024, l'État a collecté 1,2 milliard de dollars de taxes sur les jeux.
Les casinos du Mississippi paient un taux total de 12 % sur leurs revenus bruts, dont 8 % pour l'État et 4 % pour les collectivités locales. Le Mississippi a envisagé en 2025 de relever sa taxe casino de 12 % à 16 %, mais la mesure n'a pas été adoptée : le taux reste à 12 %.
Ces États ont fait le choix de ne pas imposer lourdement les revenus des particuliers ou des entreprises. Pour compenser, ils prélèvent des taxes élevées sur les jeux de hasard. Cette dépendance fiscale les rend vulnérables aux fluctuations économiques.