
Illustration — La Terre (NASA, Apollo 17). Domaine public, via Wikimedia Commons.
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2024. Malte réduit son impôt effectif sur les sociétés de jeux à 5 %. 2025. Le Royaume-Uni annonce une hausse spectaculaire du Remote Gaming Duty, qui passe de 21 % à 40 % du produit brut des jeux. Deux pays, deux stratégies opposées. L’Europe est en guerre fiscale, et les joueurs en sont les arbitres.
Malte, le paradis fiscal des opérateurs
Malte est le laboratoire de cette guerre fiscale. Le taux d’imposition effectif sur les sociétés de jeux peut descendre jusqu’à 5 %. Un système de remboursements permet aux actionnaires étrangers de récupérer jusqu’à six septièmes de l’impôt payé, ramenant le taux effectif à 5–10 %. La TVA, à 18 %, est inférieure à celle du Royaume-Uni ou de l’Italie.
Ce cocktail fiscal a fait de Malte une destination de choix. La Malta Gaming Authority (MGA) délivre des licences réputées, reconnues dans toute l’Union européenne.
La stratégie porte ses fruits. Flutter Entertainment, maison mère de Sky Bet, a déplacé le siège de son bookmaker britannique de Londres vers Malte. Une décision qui pourrait lui permettre d’économiser 55 millions de livres de taxes.
Le Royaume-Uni, le géant qui se réveille
Le 26 novembre 2025, le budget d’automne de Rachel Reeves a annoncé une hausse historique du Remote Gaming Duty. Le taux passera de 21 % à 40 % du produit brut des jeux à compter du 1er avril 2026.
Le gouvernement justifie cette hausse par deux arguments. D’abord, les jeux en ligne sont associés à des niveaux élevés de dommages sociaux. Ensuite, les opérateurs en ligne ont des coûts d’exploitation plus faibles que les casinos physiques.
Selon le Trésor britannique, les opérateurs devraient répercuter jusqu’à 90 % de ces hausses sur leurs clients. La demande pourrait baisser de 500 millions de livres d’ici 2030.
La France, le modèle hybride
La France a choisi une voie médiane. L’État prélève lourdement sur les opérateurs, mais exonère les joueurs amateurs. En 2023, la fiscalité spécifique liée aux jeux a généré 7 milliards d’euros pour l’État. Les charges fiscales dépassent désormais 50 % des revenus dans certaines régions clés comme la France, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
Le marché noir, la conséquence imprévue
La guerre fiscale a une conséquence imprévue : le marché noir. Au Royaume-Uni, 5 % des paris et jeux en ligne se font déjà sur des sites illégaux non autorisés, contre 3,3 % en 2021. En France, en Suède et aux Pays-Bas, plus de 30 % des paris en ligne se font sur le marché noir.
Grainne Hurst, PDG du Betting and Gaming Council, a tiré la sonnette d’alarme : « La Grande-Bretagne a l’un des marchés de jeux les plus sûrs d’Europe, mais si le Trésor n’y prend pas garde, nous pourrions rapidement finir comme la France ou la Suède, avec d’énormes marchés noirs. »
Les joueurs, arbitres de la guerre fiscale
Les joueurs sont les arbitres de cette guerre fiscale. Ils choisissent où jouer, sur quelle plateforme, dans quel pays. Un joueur français qui joue sur une plateforme maltaise bénéficie d’une offre plus compétitive.
La guerre fiscale est une course vers le bas. Chaque pays veut attirer les opérateurs et les joueurs. Mais en se faisant concurrence, les États affaiblissent leur propre régulation. Ils créent des failles, des angles morts, des opportunités pour les acteurs illégaux.
Malte taxe à 5 %. Le Royaume-Uni monte à 40 %. La France est entre les deux. Une animation casino entreprise en Île-de-France n’est pas dans cette guerre — pas de licence MGA, pas de RGD, pas de Remote Gaming Duty. Juste une soirée.
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Malte offre un taux d'imposition effectif sur les sociétés de jeux pouvant descendre jusqu'à 5 %, grâce à un système de remboursements pour les actionnaires étrangers. La Malta Gaming Authority délivre des licences reconnues dans toute l'UE.
Le Remote Gaming Duty passera de 21 % à 40 % du produit brut des jeux à compter du 1er avril 2026. Une nouvelle taxe sur les paris à distance sera introduite à 25 % à partir du 1er avril 2027.
Les joueurs peuvent bénéficier d'offres plus attractives sur les plateformes étrangères, mais ils s'exposent à des risques accrus (absence de protection, marché noir). La hausse des taxes sur les opérateurs peut également se répercuter sur les joueurs.