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Dodge City, 1878. Au Long Branch Saloon, une bagarre éclate dans la salle principale. À l’arrière, Bat Masterson pose ses cartes, sort son revolver, tire un coup au plafond. Silence. Il reprend sa main sans un mot.
Il est shérif du comté de Ford depuis un an. Il a 25 ans. Et il n’a aucune intention d’arrêter de jouer au poker.
Sweetwater, 1876 : la blessure qui crée la légende
Bartholomew Masterson naît en 1853 dans une famille de fermiers du Kansas. À 23 ans, il se retrouve dans un saloon de Sweetwater, Texas, face à un cavalier ivre nommé Corporal King. La dispute tourne à la fusillade. King meurt. Masterson reçoit une balle dans la jambe.
La claudication qui s’ensuit lui vaut une canne — et le surnom « Bat », bâton en anglais. La blessure ne ralentit pas ses ardeurs. Elle renforce sa réputation dans les cercles de jeu de Dodge City.
Shérif le jour, joueur la nuit
En 1877, Masterson est élu shérif du comté de Ford à 24 ans. Dans les villes-frontières du Kansas, les qualités recherchées chez un homme de loi sont simples : le courage et l’habileté aux armes. Ses fréquentations nocturnes ne posent problème à personne.
Les témoignages de l’époque décrivent un homme capable de quitter une table de poker en pleine nuit pour arrêter un desperado, puis de revenir terminer sa partie. Les honnêtes citoyens le respectent. Les habitués des maisons de jeu aussi.
Canada Bill et 500 dollars
En 1879, « Canada Bill » Jones, escroc professionnel de passage, défie Masterson en tête-à-tête. Enjeu : 500 dollars. La partie dure toute la nuit. Le saloon se remplit de spectateurs. Au matin, Masterson remporte la mise avec un full aux rois par les dix, face au flush de Jones.
Sa méthode : observer chaque adversaire régulier pendant des heures, noter mentalement ses habitudes et ses faiblesses, adapter sa stratégie en conséquence. Ses contemporains décrivent un joueur capable de déceler les micro-expressions qui trahissent une main — ce que les joueurs modernes appellent les « tells ».
Denver : le Palace Variety Theater
De 1880 à 1885, Masterson ouvre à Denver son propre établissement, le « Palace Variety Theater and Gambling Parlor ». Mineurs enrichis, éleveurs prospères, hommes d’affaires — le lieu attire une clientèle aisée. Sa réputation d’honnêteté, rare dans le milieu, lui vaut la confiance des gros joueurs.
C’est là qu’il perfectionne sa maîtrise du faro, jeu de cartes très populaire à l’époque. Il développe un système de comptage des cartes déjà sorties qui améliore sensiblement ses chances — parfaitement légal, redoutablement efficace.
New York, 1889 : chroniqueur sportif
L’Ouest se civilise. Les villes-frontières se ferment. Masterson prend tout le monde de court : il quitte le jeu et rejoint le « New York Morning Telegraph » comme chroniqueur sportif spécialisé dans la boxe.
Il y transpose les mêmes compétences : observation fine, analyse des comportements, lecture des adversaires. Ses prédictions sur les combats s’avèrent remarquablement précises. Son style — direct, sans fioritures — tranche avec le journalisme fleuri de l’époque.
25 octobre 1921
Masterson meurt à son bureau du Telegraph, la plume à la main, en rédigeant sa chronique. Il a 68 ans. Ses mémoires, écrites pendant ses années new-yorkaises, développent ce qu’il appelle le « poker émotionnel » : la maîtrise de soi comme arme principale du joueur expérimenté.
Du shérif de Dodge City au chroniqueur de Manhattan, il n’avait jamais changé de méthode — seulement de table. Les casino événementiel pour entreprises franciliennes d’aujourd’hui héritent de cet art du jeu qu’il contribua à rendre respectable.
Questions fréquentes
Pourquoi Bat Masterson s'appelait-il vraiment « Bat » ?
Son vrai prénom était Bartholomew, mais une fusillade à Sweetwater en 1876 lui laissa une balle dans la jambe et une claudication permanente. La canne qu'il dut désormais porter lui valut le surnom « Bat », qui signifie « bâton » en anglais.
Comment un shérif pouvait-il jouer au poker toute la nuit sans perdre sa crédibilité ?
Dans les villes-frontières du Kansas des années 1870, seuls comptaient le courage et l'habileté aux armes. Les témoins rapportent que Masterson quittait régulièrement sa table de poker en pleine nuit pour arrêter un desperado, puis revenait tranquillement terminer sa partie.
Quelle était la méthode secrète de Masterson pour gagner au poker ?
Il observait chaque adversaire régulier pendant des heures, notant mentalement leurs habitudes et faiblesses. Masterson excellait dans la détection des micro-expressions trahissant une main — ce que les joueurs modernes appellent les « tells ».
Comment est mort celui qui terrorisait les tables de l'Ouest sauvage ?
Le 25 octobre 1921, Masterson meurt paisiblement à son bureau du New York Morning Telegraph, la plume à la main, en rédigeant sa chronique sportive. L'ancien shérif-joueur avait troqué les tables de poker pour le journalisme vingt ans plus tôt.
« I would be a liar if I said I never enjoyed the game of chance. »
— Bat Masterson, attribué
Photographie de William Barclay ‘Bat’ Masterson à l’époque de son shériffat à Dodge City.
Source : Wikimedia Commons — Public domain (Unknown author Unknown author)
📅 Repères chronologiques
« I would be a liar if I said I never enjoyed the game of chance. »
— Bat Masterson, attribué

Photo : Unknown author Unknown author, domaine public, via Wikimedia Commons.
Questions fréquentes
Pourquoi Bat Masterson s'appelait-il vraiment « Bat » ?
Le surnom vient d'une fusillade à Sweetwater en 1876. Après avoir abattu un cavalier ivre, Masterson reçoit une balle dans la jambe qui le laisse avec une claudication permanente. La canne qu'il doit désormais utiliser lui vaut le surnom « Bat », qui signifie bâton en anglais.
Comment un shérif pouvait-il jouer au poker toute la nuit sans perdre sa crédibilité ?
Dans les villes-frontières du Kansas des années 1870, seuls le courage et l'habileté aux armes comptaient pour un homme de loi. Les témoins de l'époque racontent que Masterson quittait régulièrement sa table de poker en pleine nuit pour arrêter un desperado, puis revenait tranquillement terminer sa partie.
Quelle était la méthode secrète de Masterson pour gagner au poker ?
Il observait chaque adversaire régulier pendant des heures, notant mentalement leurs habitudes et faiblesses pour adapter sa stratégie. Ses contemporains le décrivaient comme capable de déceler les micro-expressions qui trahissent une main — ce qu'on appelle aujourd'hui les « tells ».
Comment est mort celui qui terrorisait les tables de l'Ouest sauvage ?
Le 25 octobre 1921, Bat Masterson meurt paisiblement à son bureau du New York Morning Telegraph, la plume à la main, en rédigeant sa chronique sportive. Il avait 68 ans et était devenu chroniqueur de boxe, ayant quitté l'Ouest sauvage trente ans plus tôt.
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