Mickey Cohen : le gangster de Los Angeles qui a construit le Flamingo

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20 juillet 1961. Los Angeles, Brentwood. Mickey Cohen sort de sa Lincoln Continental. Trois coups de feu. Le premier touche l’épaule droite. Le second traverse le bras. Le troisième, fiché dans la mâchoire, lui brise plusieurs dents. Cohen s’effondre sur le trottoir, hurlant. Il survivra. Mais cette nuit-là, Mickey Cohen comprend que la mafia l’a condamné. Non pas à mort — à l’humiliation. Un gangster qui se fait tirer dessus devant chez lui, et qui vit, n’est plus un gangster. C’est un témoin.

Les adresses de Mickey Cohen : une géographie du crime à Los Angeles

Cohen a habité successivement trois adresses qui dessinent la trajectoire d’un gangster en ascension puis en chute. Au 705 S. Barrington Avenue, un appartement discret où il se terrait en 1958 entre deux comparutions. Au 13841 Wyandotte Street à Van Nuys, une maison de location qui servait de base opérationnelle — mise sur le marché en 2015 pour 459 900 dollars, vendue à des acquéreurs qui ignoraient peut-être son histoire. Et au 513 Moreno Avenue à Brentwood, sa résidence principale dans l’un des quartiers les plus huppés de Los Angeles : piscine, système d’alarme sophistiqué, voisins fortunés qui fermaient les yeux sur l’identité de leur voisin.

Ses démêlés avec le fisc ont été plus fatals que les balles qui l’ont manqué. Condamné deux fois pour évasion fiscale, Cohen devait 156 000 dollars d’impôts impayés et a écopé d’une amende de 10 000 dollars pour chacun des quatre chefs d’accusation retenus contre lui. Al Capone avait ouvert la voie ; Cohen a suivi le même chemin, vaincu par les mêmes comptables fédéraux.

Né en 1913 à Brooklyn, Meyer Harris Cohen grandit dans la violence domestique. À quatorze ans, il est boxeur amateur. Il rencontre Bugsy Siegel à New York, par l’intermédiaire de la famille Lansky. Siegel prend le gamin sous son aile. Cohen deviendra son garde du corps, puis son exécuteur, puis son associé.

La construction du Flamingo : le premier chantier sous les balles

Quand Siegel décide de bâtir le Flamingo en 1945, il envoie Cohen sur place. Objectif : surveiller les entrepreneurs, protéger les convois d’argent, et casser les grèves. Cohen s’installe à Las Vegas avec une équipe de six hommes, tous armés. Il négocie les livraisons de ciment avec des menaces physiques. Il dort sur le chantier, dans une caravane, un fusil à pompe sous le matelas.

À l’été 1946, le chantier du Flamingo est l’un des plus violents de l’histoire de Las Vegas. Mais il tient les délais. Siegel remercie Cohen avec une montre en or et une part symbolique dans l’exploitation future. Cohen revend cette part trois mois avant l’assassinat de Siegel. Lansky lui en voudra toujours.

Le parrain de Los Angeles : une décision fatale

Après la mort de Siegel, Cohen refuse de rejoindre l’organisation Lansky. Il veut Los Angeles pour lui seul. Il rachète des bookmakers, contrôle les paris hippiques, ouvre des clubs de strip-tease et des casinos illégaux. Il devient le roi des nuits de Los Angeles. Mais il commet l’erreur que ni Lansky ni Siegel n’avaient faite : il cherche la lumière.

Cohen accepte les interviews. Il pose pour les photographes en costume blanc, chapeau Borsalino, cigare au coin des lèvres. Il ouvre une boutique de vêtements sur Sunset Boulevard. Il se lie d’amitié avec Frank Sinatra et Sammy Davis Jr. En 1950, le magazine Life lui consacre un portrait de six pages. Cette publicité est son arrêt de mort. Le fisc le surveille depuis des années.

La balle qui n’a pas tué, et la prison qui a fini le travail

En 1961, après la tentative d’assassinat, Cohen porte plainte. Un gangster qui porte plainte — c’est une rupture absolue du code de l’omertà. La mafia le lâche définitivement. En 1963, une nouvelle condamnation pour fraude fiscale l’envoie à Alcatraz. Il meurt le 29 juillet 1976, dans une maison de retraite médicalisée de Los Angeles. Personne de la mafia n’assiste à ses funérailles. Lansky aurait dit : « Mickey n’a jamais compris que le crime organisé est une entreprise, pas un spectacle. »

L’héritage médiatique de Mickey Cohen

Cohen a ouvert la voie aux représentations médiatiques du gangster — Tony Soprano, les films de Scorsese et Tarantino. Mais lui n’a jamais touché de droits d’auteur. Ce que Cohen aurait aimé, c’est une soirée à sa gloire — des lumières, des costumes, des cigares. Cette atmosphère glamour, une animation casino île-de-France le propose en version légale. Mickey Cohen en aurait bavé.

FAQ

1. Qui était Mickey Cohen ? Mickey Cohen (1913-1976) était un gangster américain, bras droit de Bugsy Siegel, qui a participé à la construction du Flamingo et dirigé les jeux illégaux de Los Angeles.

2. Pourquoi a-t-il été victime d’une tentative d’assassinat ? La mafia de Chicago lui reprochait son arrogance médiatique et son refus de partager les profits de Los Angeles avec l’organisation nationale.

3. Quel est son héritage ? Il a incarné le gangster médiatique, dont l’exhibitionnisme a accéléré la régulation fédérale du jeu illégal.


Questions fréquentes

Pourquoi Mickey Cohen dormait-il avec un fusil à pompe sous son matelas ?

En 1946, Cohen surveillait le chantier du Flamingo à Las Vegas pour Bugsy Siegel. Il dormait dans une caravane sur place, armé, pour protéger les convois d'argent et intimider les entrepreneurs. Le chantier était l'un des plus violents de l'histoire de Las Vegas.

Quelle erreur fatale Mickey Cohen a-t-il commise que Lansky et Siegel n'avaient jamais faite ?

Cohen a cherché la célébrité au lieu de rester dans l'ombre. Il acceptait les interviews, posait en costume blanc pour les photographes, et a même fait la couverture de Life en 1950. Cette exposition médiatique a attiré l'attention du fisc et signé son arrêt de mort.

Pourquoi l'attentat de 1961 était-il pire qu'une exécution pour Mickey Cohen ?

Survivre à trois balles devant chez soi n'était pas une chance, mais une humiliation calculée. La mafia ne voulait pas le tuer, mais le ridiculiser. Un gangster qui survit à un attentat et qui vit n'est plus un gangster : c'est un témoin.

Qu'est-il arrivé à la part de Mickey Cohen dans le Flamingo ?

Siegel avait offert à Cohen une part symbolique dans le casino en remerciement de son travail. Cohen l'a revendue trois mois avant l'assassinat de Siegel en 1947. Meyer Lansky ne lui a jamais pardonné cette décision.


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