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Liban, 1982. Eli Elezra, lieutenant dans les brigades Golani, reçoit une balle dans la jambe. Immobilisé à l’hôpital, il apprend le poker pour passer le temps. Il ne s’arrêtera plus.
Quarante ans plus tard, il entre au Poker Hall of Fame avec cinq bracelets WSOP et plus de 5,7 millions de dollars de gains en tournois.
Jérusalem, Alaska, Las Vegas
Né le 24 novembre 1960 à Jérusalem, Eli Elezra intègre les brigades Golani à 19 ans — l’une des unités d’infanterie les plus élitistes de l’armée israélienne. Il passe trois semaines en prison militaire pour avoir refusé de servir dans l’aviation, préférant l’infanterie. Il atteint le grade de lieutenant avant que la guerre du Liban ne mette fin à sa carrière.
Après sa convalescence, il part aux États-Unis. Il commence en Alaska, dans l’industrie de la pêche, conduit des taxis dans le cercle arctique. En 1988, son frère l’appelle à Las Vegas pour lancer une entreprise de développement de films près du casino Stardust. Les petites parties au Stardust deviennent rapidement plus ambitieuses.
Businessman d’abord, joueur ensuite
Ce qui distingue Elezra : il ne se considère pas comme un joueur professionnel à temps plein. Il possède plus de vingt commerces de détail à Las Vegas. « Un homme de famille d’abord, un homme d’affaires ensuite, un joueur de poker en troisième position » — c’est ainsi qu’il se définit.
Cette stabilité financière lui donne un avantage décisif aux tables : il prend des risques calculés sans la pression qui paralyse d’autres joueurs.
Juillet 2004 : 1 024 574 dollars
Le tournant arrive au Mirage Poker Showdown, événement WPT à 10 000 dollars d’entrée. Face à Tony G., John Juanda et Scotty Nguyen, Elezra remporte le tournoi pour 1 024 574 dollars. Il n’est plus un amateur doué.
Deux ans plus tard, le producteur Mori Eskandani l’approche dans la Bobby’s Room du Bellagio pour filmer ses parties régulières avec Chip Reese, Gus Hansen, Phil Ivey et Doyle Brunson. C’est la naissance de High Stakes Poker. « Dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais pu imaginer que cela me rendrait aussi célèbre. »
Le pari à 10 contre 1 contre Barry Greenstein
En 2007, avant les WSOP, Elezra parie avec Barry Greenstein à 10 contre 1 qu’il remportera un bracelet cette année-là. Mise : 25 000 dollars. Il gagne le Seven Card Stud Hi-Lo de 3 000 dollars, battant Scotty Nguyen en heads-up pour 198 984 dollars. Greenstein lui règle 250 000 dollars — plus que le prize pool du tournoi.
En 2022, à 61 ans, il remporte le Pot-Limit Omaha Hi-Lo 8 or Better de 10 000 dollars pour 611 362 dollars. Cinquième bracelet. L’expérience bat la jeunesse agressive.
La règle de Chip Reese
Sa philosophie au cash game, apprise de la légende Chip Reese : « Quand on perd deux jours consécutifs, on ne joue jamais le troisième. » Une règle simple qui lui a évité bien des catastrophes dans les parties à très hauts enjeux du Bellagio et de l’Aria.
« Quand je joue au poker, je ne ressens aucune douleur et je ne suis jamais malade. » Il finit ses tournois WSOP à minuit et va jouer en cash jusqu’à 5 h du matin.
Poker Hall of Fame, 2021
En 2021, Elezra est intronisé au Poker Hall of Fame. Sa biographie « Pulling the Trigger », traduite de l’hébreu, figure parmi les dix meilleures biographies de poker jamais écrites. Sa femme Hila, qu’il décrit comme sa « plus grande supportrice », l’accompagne aux tournois. Ensemble, ils analysent les mains perdues — en hébreu.
Du lit d’hôpital au Liban aux tables du Bellagio, il aura mis quarante ans. Les soirées casino en Île-de-France qu’organise L’As du Casino perpétuent cet univers où chaque main peut tout changer.
Questions fréquentes
Comment une balle reçue au Liban a-t-elle lancé la carrière poker d'Eli Elezra ?
Blessé à la jambe en 1982 durant la guerre du Liban alors qu'il était lieutenant dans les brigades Golani, Elezra a appris le poker sur son lit d'hôpital pour tuer l'ennui. Cette convalescence forcée a marqué le début d'une passion qui le mènera, quarante ans plus tard, au Poker Hall of Fame avec cinq bracelets WSOP.
Pourquoi Elezra gagne-t-il plus d'argent sur un pari que sur son propre tournoi ?
En 2007, Barry Greenstein lui offre une cote de 10 contre 1 sur 25 000 dollars qu'il ne remportera pas de bracelet WSOP. Elezra gagne le Seven Card Stud Hi-Lo et empoche 250 000 dollars de Greenstein — largement plus que les 198 984 dollars du prize pool du tournoi.
Quelle règle mystérieuse l'a sauvé de la ruine dans les parties à hauts enjeux ?
La règle de Chip Reese : après deux jours de pertes consécutives, ne jamais jouer le troisième jour. Cette discipline simple mais implacable lui a évité de nombreuses catastrophes dans les parties légendaires du Bellagio et de l'Aria où des fortunes changent de mains chaque nuit.
Que faisait un futur champion de poker dans le cercle arctique ?
Avant Las Vegas, Elezra travaillait dans l'industrie de la pêche en Alaska et conduisait des taxis dans le cercle arctique. C'est un appel de son frère en 1988 pour lancer une entreprise de développement de films près du Stardust qui l'a amené à Vegas, où les parties de poker ont rapidement pris le dessus.