
Le Colisée, Rome. Photo : David Iliff, CC BY-SA 2.5, via Wikimedia Commons.
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Novembre 2025. Milan. Un joueur italien empoche 50 000 euros au blackjack au Casino di Campione. Il sourit, remercie le croupier, et se dirige vers la caisse. Le guichetier lui tend une enveloppe. 40 000 euros. 10 000 ont disparu. Partis dans les caisses de l’Agenzia delle Entrate. Le fisc italien a pris sa part avant même que le joueur n’ait quitté la salle.
À Paris, le même scénario aurait été différent. Un joueur français qui gagne 50 000 euros au Casino Barrière d’Enghien-les-Bains encaisse l’intégralité de son gain. Pas de retenue. Pas de formulaire. Pas de déclaration.
L’Italie, une fiscalité à la source qui ne laisse rien passer
En Italie, les gains de jeu ne sont pas exonérés. L’État prélève sa part directement à la source, via les opérateurs agréés qui jouent le rôle de substituts d’impôt.
Pour les jeux de grattage comme les Gratta e Vinci, les gains jusqu’à 500 euros sont exonérés. Au-delà, une retenue de 20 % s’applique sur la part excédant 500 euros. Pour le Loto, le taux est de 8 % sur la part excédant 500 euros. Le SuperEnalotto a adopté un barème progressif depuis 2025 : 15 % sur les prix supérieurs à 500 euros, jusqu’à 25 % pour les sommes dépassant 10 millions d’euros.
Le poker en ligne et les jeux de casino à distance sont soumis à un prélèvement de 25,5 %. Les paris sportifs en ligne sont taxés à 24,5 %.
Les gains à l’étranger : quand le fisc italien rattrape ses ressortissants
La règle change pour les gains réalisés hors d’Italie. Un résident italien qui gagne à Las Vegas, à Monaco ou dans tout casino situé hors de l’Union européenne doit déclarer ses gains en Italie. Ils sont alors qualifiés de « revenus divers » et soumis au barème progressif de l’IRPEF, qui peut atteindre 43 %.
La Cour de cassation italienne l’a rappelé en février 2025 : les gains de poker réalisés dans des casinos extra-européens sont imposables en Italie.
En revanche, les gains réalisés dans les casinos de l’Union européenne sont exonérés. La Cour de justice de l’Union européenne a jugé en 2014 que la taxation des gains dans d’autres États membres violait le principe de libre prestation des services.
Les joueurs français et italiens : deux mondes fiscaux
Un joueur français qui gagne 50 000 euros au blackjack encaisse 50 000 euros. Un joueur italien qui gagne la même somme encaisse environ 37 250 euros. La différence est de 12 750 euros.
Le système italien est clair, immédiat, sans surprise. Le joueur sait, avant même d’entrer dans le casino, qu’il perdra un pourcentage de son gain.
Le joueur de Milan a perdu 10 000 euros avant de quitter la salle. Une animation casino entreprise en Île-de-France ne prélève rien à la source — parce qu’il n’y a rien à prélever.
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Oui. Les gains de jeu sont soumis à une retenue à la source prélevée par l'opérateur. Le taux varie selon le jeu : 8 % pour le Loto, 20 % pour les jeux de grattage (au-delà de 500 euros), 25,5 % pour le poker en ligne, et jusqu'à 25 % pour le SuperEnalotto.
Oui, en principe. Un Français résidant en France doit déclarer ses gains réalisés à l'étranger. Il bénéficie d'un crédit d'impôt pour la retenue déjà prélevée en Italie, mais il doit déclarer.
Non, depuis une modification législative de 2016. Les gains réalisés dans les casinos de l'Union européenne et de l'Espace économique européen sont exonérés d'impôt en Italie.