Major Riddle : l’histoire tragique du plus gros « poisson » de Las Vegas

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Major Arteburn Riddle possède le Dunes Casino à Las Vegas dans les années 1960. Il a transformé un établissement en faillite en machine à profits. Il a inventé le premier spectacle topless de Las Vegas, attirant 16 000 visiteurs par semaine. Il a écrit un livre de conseils pour les joueurs du week-end, « The Weekend Gambler’s Handbook », dont il a fait la promotion dans le Tonight Show de Johnny Carson. Il jouait lui-même au poker plusieurs heures par jour. Il perdait systématiquement. Des professionnels et des membres de la mafia venaient spécialement de tout le pays pour jouer contre lui.

Frank Rosenthal, journaliste et expert du Las Vegas de cette époque, a déclaré qu’il n’y avait jamais eu de système de tricherie plus efficace dans la ville que celui qui ciblait le copropriétaire du Dunes. « Des millions ont été escroqués au Major », écrit-il. L’évaluation n’est pas métaphorique.

L’entrepreneur et le joueur

Riddle naît en 1906 ou 1907 à Louisville, Kentucky. Il fait fortune dans les années 1930 et 1940 dans le forage pétrolier et gazier au Texas, tout en possédant une entreprise de transport à Evansville, Indiana. Il est compétent, inventif, capable de lire des marchés et de prendre des risques calculés. En 1956, il reprend le Dunes, hôtel-casino en difficulté à l’extrémité sud du Strip, et le redresse.

Au poker, ses compétences ne se transfèrent pas. Il est un joueur de Seven Card Stud de longue date, mais il ne parvient pas à assimiler les subtilités du No Limit Texas Hold’em, variante en plein essor. Ce décalage le rend prévisible pour les professionnels qui s’assoient en face de lui. Dès qu’il prenait place à une table, une file d’attente se formait. Des joueurs de tout le pays se déplaçaient spécialement pour jouer contre lui.

Le réseau organisé

Les pertes de Riddle n’étaient pas seulement le résultat d’un mauvais niveau de jeu. Un réseau organisé opérait autour de lui. Des croupiers corrompus et des tricheurs professionnels collaboraient pour extraire systématiquement de l’argent de ses parties. Des personnages comme John Martino, croupier dans l’établissement, faisaient partie du dispositif, tout comme des tricheurs notoires tels que Marty Carson.

Des figures de la mafia comme Tony Spilotro passaient jusqu’à 14 heures par jour dans la salle de poker du Dunes, utilisant apparemment l’endroit comme bureau. Las Vegas dans les années 1960-70 ne disposait pas des systèmes de régulation et de surveillance qui existent aujourd’hui. La frontière entre le légal et l’illégal était floue, et les protections pour les joueurs vulnérables — même les propriétaires de casinos — étaient inexistantes.

Même dans les parties « propres », Riddle perdait. Un épisode documenté l’oppose à Johnny Moss, légende du poker de l’époque, directement dans son propre casino. Sur un flop K-K-9, Moss mise et Riddle suit — une erreur de lecture élémentaire qui coûte cher.

Perdre un casino aux cartes

Les pertes de Riddle ne se limitaient pas à des sommes d’argent liquide. Il a joué et perdu des participations dans des casinos entiers. Le cas le plus documenté concerne l’Aladdin Casino, où sa participation de 90 % tombe à 15 % en moins d’un an, avant qu’il ne perde également cette part restante. La progression est méthodique — pas une seule catastrophe, mais une érosion continue.

En 1977, Riddle rachète le Thunderbird Casino qu’il rebaptise Silverbird. Pour établir de nouveaux « Big Games » dans l’établissement, il fait appel aux professionnels Doyle Brunson et Eric Drache. Les mises au Silverbird sont plus modestes qu’au Dunes ou à l’Aladdin — assez élevées pour perdre une voiture ou une maison, mais pas suffisantes pour perdre un casino entier. C’est une concession à la réalité de sa situation financière.

La dernière partie

Billy Baxter, membre du Poker Hall of Fame, témoigne de la dernière partie de Riddle : « la dernière partie que nous ayons jamais jouée avant que le Major ne meure, il a perdu 1,6 million de dollars en une seule session. » Cette somme nécessita l’intervention d’autres joueurs, notamment Doyle Brunson, pour qu’il puisse honorer ses dettes et rembourser tous les participants.

Ce détail mérite attention : les professionnels qui venaient spécialement pour gagner de l’argent contre Riddle l’ont aidé à rembourser ses dettes quand la somme dépassait ses moyens immédiats. Le « poisson » était aussi, d’une certaine façon, respecté. Il payait toujours. Il revenait toujours. Il ne se plaignait pas.

Major Riddle meurt en juillet 1980. Un commentateur de l’époque observe : « avec la mort du Major, le plus gros poisson de Vegas avait disparu, et de nombreux portefeuilles de mafieux s’en trouvèrent allégés par la suite. »

Ce que l’histoire de Riddle dit du poker de cette époque

Le Las Vegas des années 1960-70 était un environnement sans les protections réglementaires actuelles. Les systèmes de surveillance vidéo n’existaient pas à l’échelle actuelle. Les listes noires et les procédures de vérification des joueurs professionnels étaient rudimentaires. Un réseau organisé pouvait opérer à découvert dans la salle de poker d’un établissement pendant des années — même quand la cible était le propriétaire du casino.

Riddle illustre aussi quelque chose de plus général : la compétence dans un domaine ne se transfère pas automatiquement dans un autre. Il était capable de lire un marché immobilier, de gérer des centaines d’employés, de prendre des risques calculés en affaires. Assis face à Johnny Moss sur un flop K-K-9, ces compétences ne l’aidaient pas.

Le poker de haut niveau des années 1960 était un monde où la naïveté et l’excès de confiance pouvaient coûter des fortunes entières. Les animations casino d’aujourd’hui — roulette, blackjack, poker avec des animation casino île-de-france pour les événements d’entreprise — fonctionnent sur un principe radicalement différent : l’enjeu est nul, l’ambiance est réelle, et personne ne repart ruiné.

Questions fréquentes

Comment un propriétaire de casino pouvait-il perdre des millions à ses propres tables sans s'en rendre compte ?

Major Riddle était un excellent entrepreneur mais un piètre joueur de poker. Dès qu'il s'asseyait à une table, des files d'attente se formaient avec des professionnels venus de tout le pays pour l'affronter. Un réseau organisé de croupiers corrompus et de tricheurs collaborait également pour l'escroquer systématiquement.

A-t-il vraiment perdu des casinos entiers en jouant aux cartes ?

Oui, et c'est documenté. Sa participation de 90% dans l'Aladdin Casino est tombée à 15% en moins d'un an, avant qu'il ne perde également cette part restante. Ce n'était pas une catastrophe soudaine, mais une érosion méthodique et continue causée par ses pertes au jeu.

Pourquoi les professionnels venaient-ils spécialement jouer contre lui ?

Riddle ne maîtrisait pas les subtilités du No Limit Texas Hold'em, ce qui le rendait prévisible et facile à battre pour les experts. Des légendes comme Johnny Moss lui infligeaient des défaites cuisantes, même dans des situations élémentaires où un joueur expérimenté n'aurait jamais commis d'erreur.

Combien a-t-il perdu lors de sa dernière partie avant sa mort ?

Selon Billy Baxter, membre du Poker Hall of Fame, Major Riddle a perdu 1,6 million de dollars en une seule session lors de sa dernière partie. Cette somme astronomique illustre l'ampleur vertigineuse de ses pertes accumulées au fil des années.

📅 Repères chronologiques

1950
Major Riddle prend la direction du Dunes Hotel & Casino à Las Vegas
1955
Le Dunes ouvre officiellement ses portes sur le Strip de Las Vegas
1960
Riddle est régulièrement signalé comme perdant des sommes considérables à ses propres tables de jeu
1964
Riddle cède progressivement le contrôle du Dunes face à ses difficultés financières
1969
Major Riddle décède, laissant derrière lui une légende paradoxale de propriétaire ruiné par son propre casino
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