Tommy Carmichael : le réparateur de télés qui a inventé les

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Tommy Glenn Carmichael répare des téléviseurs à Tulsa, Oklahoma, dans les années 1980. En 1980, un ami d’école lui montre un outil appelé « top-bottom joint » et une machine à sous Bally. Il teste l’outil. Il gagne 35 dollars en quelques minutes. Le week-end se transforme en 10 000 dollars de gains. Il ne réparera plus jamais de téléviseurs.

Carmichael naît au milieu des années 1950 en Oklahoma. Enfant, comprendre comment les choses fonctionnent l’intéresse plus que les choses elles-mêmes. Il ouvre « Ace TV Sales and Service » à Tulsa — la première boutique de réparation de téléviseurs de la ville. L’affaire marche bien puis décline sous la concurrence. C’est dans ce contexte qu’il rencontre Ray Ming et le top-bottom joint.

Le top-bottom joint et les premières années

Le top-bottom joint est un outil métallique qui permet de déclencher le mécanisme de paiement d’une machine à sous mécanique. Les machines de l’époque fonctionnent avec des roues et des engrenages — pour quelqu’un habitué à démonter des mécanismes électroniques, les comprendre est une question de patience et d’observation.

Carmichael passe les années suivantes à accumuler des millions dans les casinos du Strip. Puis les casinos commencent à mettre à jour leurs machines avec des générateurs de nombres aléatoires. Le top-bottom joint devient inutile sur les nouvelles machines. Il se replie vers les petits établissements qui n’ont pas encore les moyens de migrer. La police le suit pendant une semaine. Elle l’arrête dans un parking de Denny’s. Le top-bottom joint est dans la poche de son manteau. Il écope de cinq ans de prison.

La prison et le Monkey Paw

En prison, Carmichael rencontre Michael Balsamo, condamné pour des raisons similaires. Ils passent leur temps libre à imaginer comment s’en prendre aux nouvelles machines après leur libération. Pendant leur incarcération, les machines de poker vidéo arrivent sur le marché.

Libéré en 1987 après moins de deux ans, Carmichael travaille des emplois au salaire minimum jusqu’à avoir assez d’argent pour acheter une machine de poker vidéo. Il l’installe chez lui et travaille dessus toute la nuit. Plusieurs mois plus tard, la solution lui vient : un morceau de métal flexible et du fil de piano.

Il appelle l’outil le Monkey Paw — à cause de son extrémité courbée. Glissé dans le conduit de paiement, il déclenche un microrupteur qui vide la trémie de pièces. « Vous pouviez laisser toute une salle vide », dira-t-il plus tard. Il estime gagner régulièrement 1 000 dollars de l’heure. Moins de deux ans après l’invention, de nouvelles mesures de sécurité le rendent obsolète.

Le Light Wand

En 1992, Carmichael visite une compagnie de fabrication de machines à sous en se déguisant en client intéressé par un achat. Il demande au fabricant d’expliquer le fonctionnement des nouvelles machines. « À la seconde où il l’ouvrit, je sus comment la battre. »

Les nouvelles machines utilisent des capteurs électroniques pour compter les pièces distribuées par la trémie. Son nouvel outil — le Light Wand — contient une batterie et une ampoule miniature. Introduit dans la machine, il aveugle le capteur optique. Le capteur ne sait plus combien de pièces il distribue. Cent dollars mis dans la machine, demandés en remboursement, deviennent deux cents, trois cents — tout ce que l’opérateur a le courage de prendre.

Le Light Wand coûte 2,50 dollars à fabriquer. Des tricheurs disent gagner 10 000 dollars par jour avec. Carmichael commence à le distribuer à d’autres. L’autorité du jeu Jason England nommera le milieu des années 1990 « l’ère du light wand ». Les dégâts sont estimés dans les centaines de millions de dollars pour l’industrie.

L’organisation et l’apogée

Carmichael opère avec une équipe d’ »ombres » — des complices qui se positionnent pour bloquer les caméras de surveillance pendant ses interventions. Il voyage dans un camping-car, frappe des casinos dans le Connecticut, le Colorado, la Louisiane. En 1995, il fait sept croisières en six mois, utilisant le Light Wand sur les machines à sous des paquebots.

Quand IGT installe un nouveau mécanisme pour contrer le Light Wand, Carmichael trouve la parade en un peu plus d’une heure avec un nouvel outil qu’il appelle « The Hanger ». « Je sentais vraiment qu’ils ne pouvaient pas en faire une que je ne pourrais pas battre. »

L’arrestation finale

De nouvelles caméras de surveillance — dont Carmichael n’est pas conscient — peuvent voir au-delà des hommes qui bloquent les caméras habituelles. En 2001, le FBI l’arrête en flagrant délit. Il plaide coupable. Il reçoit trois ans de probation et 326 jours de prison. Son nom est inscrit dans le « Black Book » du Nevada — la liste des personnes interdites d’accès à tous les casinos de l’État.

The Protector

Après sa condamnation, Carmichael invente « The Protector » — un dispositif anti-triche pour les machines à sous. L’outil détecte toute source de lumière introduite dans la machine et déclenche son arrêt immédiat. Il estime avoir été responsable de 90 % des appareils de triche en circulation, et dit que The Protector est « la seule solution qu’il avait toujours craint que les fabricants découvrent ».

En 2002, il vend son brevet. L’appareil est approuvé par les régulateurs du Nevada et vendu à Royal Caribbean Cruise Lines pour ses casinos de bord. L’homme qui avait passé vingt ans à trouver les failles des machines à sous passe ses dernières années à les fermer.

Tommy Glenn Carmichael meurt le 1ᵉʳ février 2019 en Oklahoma, à 68 ans.

La course aux armements

Ce qui distingue Carmichael de la plupart des tricheurs de casino, c’est l’itération. Chaque fois que l’industrie adoptait une nouvelle technologie pour contrer ses outils, il achetait ou examinait la nouvelle machine, comprenait son mécanisme, et trouvait la faille suivante. Le top-bottom joint, le Monkey Paw, le Light Wand, le Hanger — chaque outil est une réponse directe à une contre-mesure spécifique.

Sa chute finale vient d’une technologie de caméra qu’il n’avait pas anticipée — pas d’une erreur de méthode. Et son dernier acte, The Protector, applique le même processus de compréhension mécanique dans la direction opposée.

Les tables de roulette, blackjack et poker des soirée casino entreprise ne contiennent pas de capteurs optiques à aveugler ni de trémies à vider — ce sont des jeux animés par des croupiers professionnels, sans mécanisme électronique à déjouer. L’ingéniosité de Carmichael n’y aurait eu aucune prise.

Questions fréquentes

Combien Tommy Carmichael a-t-il gagné lors de son premier week-end de triche ?

10 000 dollars en un seul week-end. Un ami lui avait montré le « top-bottom joint », un outil métallique qui déclenchait le mécanisme de paiement des machines à sous mécaniques, et Carmichael a immédiatement compris le potentiel.

Pourquoi Carmichael a-t-il appelé son invention le « Monkey Paw » ?

À cause de son extrémité courbée qui ressemblait à une patte de singe. Cet outil en métal flexible et fil de piano se glissait dans le conduit de paiement pour déclencher un microrupteur et vider complètement la machine de ses pièces.

Comment Carmichael a-t-il découvert le secret des nouvelles machines à sous électroniques ?

En se déguisant en client potentiel lors d'une visite chez un fabricant en 1992. Dès que le fabricant ouvrit la machine pour lui expliquer son fonctionnement, Carmichael comprit instantanément comment la battre avec ce qui deviendrait le Light Wand.

Combien coûtait le Light Wand à fabriquer et combien rapportait-il ?

Seulement 2,50 dollars à fabriquer, mais certains tricheurs affirmaient gagner 10 000 dollars par jour avec. Les dégâts pour l'industrie des casinos se chiffrent en centaines de millions de dollars durant « l'ère du light wand » au milieu des années 1990.

📅 Repères chronologiques

1950
Naissance de Tommy Glenn Carmichael au Oklahoma
1980
Première arrestation pour fraude sur machine à sous à Las Vegas avec l’outil ‘top-bottom joint’
1985
Condamné à cinq ans de prison fédérale pour manipulation de machines à sous
1995
Invention du ‘Monkey Paw’, dispositif métallique capable de déclencher les mécanismes de paiement des nouvelles machines électroniques
1996
Développement du ‘Slider’ (ou ‘Guitar String’), outil encore plus sophistiqué contournant les machines à pièces de nouvelle génération
1999
Nouvelle arrestation par le FBI après une opération de surveillance dans plusieurs casinos du Nevada et du New Jersey
2001
Carmichael se reconvertit en consultant pour les fabricants de machines à sous afin d’aider à sécuriser leurs appareils contre la triche
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