
Le palais de Westminster, Londres. Photo : Colin, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.
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26 novembre 2025. Londres. Rachel Reeves, chancelière de l’Échiquier, présente son budget d’automne. Dans les travées de la Chambre des communes, les représentants de l’industrie du jeu retiennent leur souffle. Ce qu’ils entendent dépasse leurs craintes. Le Remote Gaming Duty (RGD) — la taxe sur les jeux en ligne — va passer de 21 % à 40 %. Une hausse historique. Un quasi-doublement.
La nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Dans les bureaux de Bet365, de Flutter Entertainment, d’Entain, les équipes juridiques s’activent. Et les joueurs commencent à se poser une question : le Royaume-Uni, ce paradis fiscal où les gains de jeu ne sont pas imposés, va-t-il changer de cap ?
Le paradis fiscal des joueurs menacé
Le Royaume-Uni est l’un des seuls pays au monde où les gains de jeu ne sont pas imposables, quel que soit le montant. Un joueur qui remporte 10 millions de livres aux cartes empoche l’intégralité de son gain. Le gouvernement prélève sa part sur les opérateurs — mais le joueur, lui, ne voit jamais le fisc.
Cette exonération absolue a fait du Royaume-Uni une destination de choix pour les joueurs professionnels du monde entier. Mais ce paradis est aujourd’hui menacé. Le budget 2025 a annoncé une hausse spectaculaire des taxes sur les opérateurs. Le Remote Gaming Duty passera de 21 % à 40 % du produit brut des jeux à compter du 1er avril 2026.
Le gouvernement estime que ces mesures rapporteront plus d’un milliard de livres par an.
40 % de Remote Gaming Duty : un doublement qui change tout
Jusqu’en avril 2026, le taux est de 21 %. À partir du 1er avril 2026, il passera à 40 %. Un opérateur qui génère 100 millions de livres de PBJ paiera désormais 40 millions de livres de taxe, contre 21 millions auparavant.
Le gouvernement justifie cette augmentation par deux arguments. D’abord, les jeux en ligne sont associés à des niveaux élevés de dommages sociaux. Ensuite, les opérateurs en ligne ont des coûts d’exploitation plus faibles que les casinos physiques.
Les opérateurs menacent de quitter le Royaume-Uni
Le Betting and Gaming Council (BGC) a qualifié ces hausses de « punitives ». Il a averti que ces mesures mettraient en danger une industrie qui contribue déjà à hauteur de 7 milliards de livres à l’économie britannique et soutient plus de 100 000 emplois.
Betfred a prévenu que 1 287 magasins et 7 500 emplois sont en danger. Le conseil d’administration d’Entain a déclaré que cette hausse pourrait « favoriser la croissance du marché noir non réglementé et non taxé ».
Le spectre du marché noir
Selon l’Office for Budget Responsibility, la répercussion des coûts sur les consommateurs et la réduction de la demande pourraient réduire le rendement fiscal de 500 millions de livres d’ici 2029-2030. En d’autres termes, le gouvernement pourrait perdre presque la moitié des recettes qu’il espère gagner.
Ce que la réforme change pour les joueurs
Les gains de jeu restent exonérés d’impôt au Royaume-Uni. Mais les opérateurs, confrontés à une hausse de leurs charges, pourraient répercuter ces coûts sur les joueurs. Des cotes moins favorables. Des offres promotionnelles réduites. Des frais de gestion plus élevés.
Rachel Reeves a quasi-doublé la taxe sur les opérateurs en ligne. Une animation casino entreprise en Île-de-France n’est pas un opérateur en ligne — pas de Remote Gaming Duty, pas de Betting and Gaming Council, pas de menace de fermeture. Juste des tables et une soirée.
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Non. Les gains de jeu ne sont soumis ni à l'income tax, ni au capital gains tax, ni aux cotisations sociales. Cette exonération est absolue, quel que soit le montant.
Le Remote Gaming Duty (RGD) est une taxe sur les jeux en ligne prélevée sur le produit brut des jeux des opérateurs. À partir du 1er avril 2026, le taux passera de 21 % à 40 %.
Indirectement, oui. Les opérateurs pourraient répercuter ces hausses sur les joueurs via des cotes moins favorables, des offres promotionnelles réduites, ou des frais de gestion plus élevés.