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Grande Dépression, 1931. Deux frères de Detroit débarquent à Palm Springs avec une proposition : « Nous remplirons vos hôtels. Tout ce que vous avez à faire, c’est ne pas vous plaindre au shérif. » Al et Lou Wertheimer sont d’anciens associés du Purple Gang — organisation criminelle juive spécialisée dans la contrebande d’alcool.
Leur projet se heurte immédiatement à Nellie « Mother » Coffman, propriétaire du Desert Inn et figure emblématique de la ville, qui fonce sur Al Wertheimer dans un camion de pompiers : « Si vous ouvrez cet endroit, nous vous chasserons de la ville ! » Les Wertheimer trouvent leur terrain à Cathedral City, ville voisine. Ils y achètent 20 acres entourés de palmiers dattiers.
Le Dunes Club : smoking obligatoire, locaux refusés
Le Dunes Club ouvre en 1930 — extérieur en stuc espagnol, tuiles rouges, intérieur en bois sombre, tapis moelleux, lustres en cristal, tentures de velours. Le restaurant circulaire sert des steaks du Kansas et des homards du Maine pour 5 dollars. Les clients sont tenus au smoking. Un orchestre accompagne les soirées.
À l’entrée, un garde scrute les visiteurs à travers un judas dans la porte massive. Les habitants de Palm Springs sont généralement refusés. « Ils voulaient les visiteurs », explique Moya Henderson, épouse d’un enseignant local. « Si vous êtes en affaires et que vous perdez de l’argent là-bas, vous allez vous plaindre et créer des problèmes. » Cette exclusivité transforme le Dunes en lieu branché — les locaux rivalisent d’ingéniosité pour s’y introduire.
Hollywood côtoie la pègre
En 1934, le Racquet Club ouvre en périphérie nord — fondé par les acteurs Charlie Farrell et Ralph Bellamy, refusé par les matriarches locales qui désapprouvent les stars de cinéma. Ses propriétaires organisent rapidement une navette vers le Dunes. Le Lone Palm Hotel installe des lignes de paris directes avec le Dunes. Palm Springs acquiert une réputation nationale pour son triptyque : soleil, piscines et jeu.
Le comique Jack Pepper décrit l’atmosphère dans une lettre à ses biographes : « Le matin, pendant que vous vous prélassez autour de la piscine, un bookmaker arrive avec le Racing Form et prend vos paris. Vous pouvez parier sur n’importe quel hippodrome du pays. Tous ceux que vous rencontrez là-bas sont du show-business. »
Joseph Schenck, patron de la 20th Century-Fox, achète en 1934 une résidence sur Tamarisk Lane — 10 chambres, 8 salles de bains. Schenck est un ancien associé d’Arnold Rothstein, l’homme qui truqua la Série mondiale de 1919. En 1938, il se retrouve au cœur d’un scandale hollywoodien lié à la collecte de fonds de protection sur les studios par Johnny Rosselli — de son vrai nom Filippo Sacco, tueur à gages surnommé « Handsome Johnny » pour son allure de star de cinéma.
Le shérif sous contrôle, l’église financée par le jeu
Wertheimer applique le conseil du boss new-yorkais Vito Genovese : « Soyez un bon voisin et contribuez aux œuvres locales. » Il lance le Desert Circus en 1934 — manifestation caritative destinée à financer la construction d’une église catholique. Selon le maire Frank Bogert, l’église Our Lady of Solitude a effectivement été construite grâce à l’argent du jeu de Wertheimer.
Bogert rapporte également que Wertheimer se vantait de contrôler le shérif du comté de Riverside, Carl Rayburn. Les raids des années 1930 confisquent du matériel de jeu mais ne parviennent ni à fermer les casinos ni à emprisonner leurs propriétaires.
Earl Warren met fin à l’empire (1941)
Le futur président de la Cour suprême américaine lance en janvier 1941 une opération antiracket à l’échelle de la Californie. Raid coordonné contre les trois casinos de Cathedral City. Wertheimer est condamné — peine : 800 dollars d’amende et séjour dans un camp de travaux du comté où, « par égard pour son grand âge » (52 ans), il pèle des pommes de terre en cuisine.
Une condamnation pour évasion fiscale suit — même arme qui avait envoyé Al Capone et Mickey Cohen à Alcatraz. Wertheimer vend aux enchères le mobilier du Dunes. Les propriétaires du Cove Casino partent tenter leur chance à Las Vegas. Le Dunes Club brûle entièrement. Wertheimer meurt d’un cancer à Los Angeles en 1952.
La clientèle fortunée qu’il avait attirée à Palm Springs crée une nouvelle catégorie de résidents à temps partiel dans le désert — base du Palm Springs moderne. La légende veut qu’Al Capone lui-même ait séjourné au Two Bunch Palms Resort voisin, qui maintient aujourd’hui une suite « Al Capone. » Bogert démontait régulièrement ce mythe : Capone purgeait sa peine pour évasion fiscale quand le resort a été construit en 1931.
Pour les soirées casino qui évoquent cette atmosphère des années 1930 — sans la corruption du shérif ni le judas dans la porte — les animations casino en Île-de-France de L’As du Casino proposent le jeu dans un cadre entièrement légal.
Questions fréquentes
Pourquoi les habitants de Palm Springs étaient-ils refusés au Dunes Club ?
Les frères Wertheimer craignaient que les locaux ne se plaignent après avoir perdu de l'argent, attirant l'attention des autorités. Cette exclusivité a paradoxalement rendu le club encore plus désirable, les résidents rivalisant d'ingéniosité pour franchir la porte massive surveillée par un garde armé d'un judas.
Une matriarche locale a vraiment essayé d'écraser un mafioso avec un camion de pompiers ?
Oui ! Nellie 'Mother' Coffman, propriétaire du prestigieux Desert Inn, a littéralement foncé sur Al Wertheimer avec un camion de pompiers en le menaçant de le chasser de la ville. Les frères ont simplement déplacé leur projet dans la ville voisine de Cathedral City.
Comment un gangster a-t-il financé la construction d'une église catholique ?
Al Wertheimer a organisé le Desert Circus en 1934, un événement caritatif dont les bénéfices du jeu ont financé la construction de l'église Our Lady of Solitude. Une stratégie recommandée par Vito Genovese lui-même : 'Soyez un bon voisin et contribuez aux œuvres locales.'
Quelle punition ridicule a reçu Al Wertheimer après son arrestation en 1941 ?
Après des années de règne criminel, le futur juge en chef Earl Warren l'a condamné à 800 dollars d'amende et à peler des pommes de terre dans un camp de travaux. Par 'égard pour son grand âge' de 52 ans, on lui a épargné les travaux pénibles.
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