
Illustration — Marteau de juge. Pearson Scott Foresman, Domaine public, via Wikimedia Commons.
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Février 2024. Washington D.C. Tom Goldstein, l’un des avocats constitutionnalistes les plus respectés des États-Unis, est inculpé. Son nom ornait les couvertures des revues juridiques. Il plaidait devant la Cour suprême. Il avait fondé SCOTUSblog, la référence américaine sur la Cour suprême. Et il avait, en parallèle, perdu 15 millions de dollars dans des parties de poker illégales.
L’acte d’inculpation est un roman noir. Des tables privées à Arlington, Virginie. Des milliers de dollars en espèces changeant de mains. Des pertes accumulées sur dix ans. Et pour financer ces parties, des détournements de fonds de son cabinet d’avocats et une fraude fiscale de plusieurs millions.
Le double life d’un juriste de renom
Tom Goldstein n’était pas n’importe quel avocat. Il avait plaidé 45 affaires devant la Cour suprême — un record pour un avocat privé. Son cabinet, Goldstein & Russell, était spécialisé dans les affaires constitutionnelles. SCOTUSblog, qu’il avait cofondé, était cité par les juges de la Cour suprême eux-mêmes.
En parallèle de cette carrière brillante, il participait depuis des années à des parties de poker privées dans une maison d’Arlington, Virginie. Ces parties n’étaient pas légales : les jeux de hasard contre des paris d’argent sont interdits en Virginie. Les mises s’élevaient à plusieurs milliers de dollars par main.
15 millions de dollars de pertes, une decennie de mensonges
L’acte d’inculpation révèle l’ampleur du désastre. Sur une décennie, Goldstein a perdu environ 15 millions de dollars lors de ces parties. Pour financer ces pertes, il a eu recours à plusieurs stratagèmes.
D’abord, il a détourné des fonds de son cabinet d’avocats. Il a prélevé des sommes sur les comptes clients, les a transférées sur ses comptes personnels, et les a utilisées pour payer ses dettes de jeu.
Ensuite, il a commis une fraude fiscale. Il n’a pas déclaré environ 5 millions de dollars de revenus. Il a déduit des dépenses personnelles, y compris ses pertes de poker, comme des dépenses professionnelles de son cabinet.
Les charges : fraude fiscale, détournement, jeu illégal
En février 2024, le ministère de la Justice a déposé un acte d’inculpation comportant de multiples chefs d’accusation. Fraude fiscale — pour avoir omis de déclarer plusieurs millions de dollars de revenus. Détournement de fonds — pour avoir utilisé l’argent des clients de son cabinet à des fins personnelles. Participation à des jeux illégaux.
Si condamné, Goldstein risque plusieurs décennies d’emprisonnement. Ses biens ont été saisis. Son cabinet d’avocats a fermé ses portes.
Ce que l’affaire révèle sur le poker et la fiscalité
L’affaire Goldstein est un cas extrême. Mais elle illustre une réalité : les joueurs de poker, quel que soit leur niveau de revenu et de notoriété, peuvent se laisser emporter.
La fraude fiscale était au cœur de l’affaire. Goldstein n’a pas seulement joué et perdu. Il a aussi trompé le fisc. Il a déduit des pertes de poker comme des dépenses professionnelles. Il a omis de déclarer des revenus. Il a utilisé l’argent des clients pour payer ses dettes de jeu.
Ces comportements sont fréquents, à moindre échelle, dans le monde du poker. Des joueurs qui déduisent leurs buy-ins sans avoir créé de société. Des joueurs qui ne déclarent pas leurs gains. Des joueurs qui utilisent leurs gains de jeu pour payer des dettes personnelles, sans passer par le circuit fiscal.
Goldstein fréquentait les parties les plus secrètes du monde. Une animation casino entreprise en Île-de-France, c’est l’exact opposé : une table ouverte, des jetons sans valeur, et personne qui rentre chez soi avec un duffel bag.
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Tom Goldstein, fondateur de SCOTUSblog et joueur de poker à hautes mises, a été reconnu coupable en 2026 de plusieurs chefs d’accusation fédéraux : évasion fiscale, fausses déclarations fiscales et fausses déclarations sur des demandes de prêt immobilier. L’accusation lui reprochait d’avoir dissimulé des gains de poker se chiffrant en dizaines de millions de dollars.
Selon l’accusation, il a notamment détourné des fonds de son cabinet d’avocats pour couvrir ses dettes de jeu, et fourni de fausses informations pour obtenir des prêts. Ces agissements, étalés sur plusieurs années, figurent parmi les faits pour lesquels il a été condamné.
Les pertes de jeu sont déductibles des gains de jeu déclarés, mais pas des autres revenus. Un avocat qui déduirait ses pertes de poker comme des dépenses professionnelles commettrait une fraude fiscale.
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