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Allonger +110 mots : développer la vie post-prison 2002-2019.
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2 février 1986. Chicago, siège du FBI. Des agents débriefent un informateur qui vient de livrer un détail troublant. L’homme qu’ils surveillent depuis des années, Joseph Lombardo, 57 ans, est surnommé « Joey the Clown ». Pas parce qu’il fait rire. Parce qu’il porte des costumes voyants, des cravates criardes, et qu’il a le visage rubicond d’un Auguste. Mais derrière le sourire, il y a une machine à tuer. Lombardo a commencé comme exécuteur pour la Chicago Outfit. Il a étranglé, poignardé, fait disparaître. Et pourtant, c’est pour un crime sans sang qu’il sera condamné en 1986 : le détournement méthodique de millions de dollars des casinos de Las Vegas.
Joseph Lombardo naît le 11 mars 1929 à Chicago. Son père, ouvrier, meurt quand il a huit ans. Sa mère l’élève seule dans le quartier italien de Grand Avenue. Très tôt, il vole des voitures, puis des magasins. À dix-sept ans, il est arrêté pour vol à main armée. En prison, il rencontre des membres de la Chicago Outfit. Son surnom, « Joey the Clown », lui vient de son humour noir et de son habitude à porter des chapeaux ridicules lors des réunions sérieuses.
L’ascension : du tueur au comptable du skim
Lombardo gravit les échelons grâce à sa polyvalence. Il sait tuer (on lui attribue au moins cinq meurtres, dont celui de l’informateur Richard Cain en 1973). Mais il sait aussi compter. Dans les années 1970, Aiuppa le charge de superviser le skimming au Stardust, au Fremont et au Hacienda. Lombardo invente un système d’une efficacité redoutable : des livres de comptes falsifiés, des machines à sous modifiées, des convoyeurs payés au black. Selon les archives du FBI, entre 1974 et 1984, plus de 2 millions de dollars par an sortent du Stardust sans être déclarés.
Mais Lombardo commet une erreur. Il enregistre tout. Des cahiers entiers, des relevés manuscrits, des noms de complices. Il les cache dans le garage de sa maison de Chicago. En 1983, le FBI place un mouchard dans le coffre de sa voiture. Il enregistre Lombardo donnant des instructions précises à un convoyeur : « Ne passe pas par l’aéroport, prends la route 66 jusqu’à Springfield. »
Le procès de 1986 : le clown démasqué
Lombardo est jugé aux côtés d’Aiuppa, Cerone et LaPietra. Contrairement aux autres, il ne cherche pas à nier. Il ricane dans le box. Il envoie des baisers à sa femme dans le public. Le procureur le surnomme « l’homme qui a transformé Las Vegas en distributeur automatique ». Lombardo répond : « Si j’avais un distributeur, je serais riche. » Le jury ne rit pas. Il est reconnu coupable et condamné à vingt-cinq ans de prison.
En prison, Lombardo se tait. Il ne donne aucun nom, ne demande aucune remise de peine. Il purge seize ans, sort en 2002 à l’âge de 73 ans. Il retourne à Chicago, vit dans une modeste maison de la banlieue ouest. Il meurt le 19 janvier 2019, à 89 ans, de causes naturelles. Ses funérailles sont privées. Aucun éloge funèbre, aucun journaliste. Le clown de Chicago a rendu son dernier sourire.
L’héritage d’un tueur comptable
Lombardo incarne une génération de mafieux double face : capables de tuer à mains nues et de tenir des livres de comptes. Son système de skimming a été démantelé, mais ses méthodes survivent dans d’autres activités illégales. Une soirée casino factice propose des jetons, des croupiers, des sourires — mais pas de cahiers secrets dans un garage.
Ce que ces hommes ont bâti — un imaginaire du casino comme espace de pouvoir — s’exprime aujourd’hui dans un cadre radicalement différent : celui d’une soirée casino factice, où la mécanique des tables reste entière, sans les règlements de comptes.
FAQ
1. Qui était Joseph Lombardo ? Joseph Lombardo (1929-2019) était un membre haut gradé de la Chicago Outfit, à la fois tueur et superviseur du système de skimming des casinos de Las Vegas.
2. Pourquoi a-t-il été condamné en 1986 ? Des enregistrements du FBI et ses propres cahiers manuscrits prouvaient son organisation du vol des revenus des casinos.
3. Quel est son héritage ? Il a incarné la double compétence du mafieux moderne — violence et comptabilité.
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