Jackie Cerone : le boss de Chicago condamné pour le skimming de Las Vegas

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17 février 1986. Kansas City. John « Jackie » Cerone écoute le procureur égrener les chiffres : 2 millions de dollars détournés chaque mois du Stardust, du Fremont, du Hacienda et du Marina. Des sacs de billets embarqués dans des avions privés direction Chicago. Cerone, 71 ans, costaud, le visage marqué par cinquante années de crime organisé, ne bronche pas. Il sait que les écoutes du FBI l’ont enregistré. Il sait que le procès est perdu. Mais il ne donnera rien. Jackie Cerone, le bras droit de Joseph Aiuppa, va prendre vingt-huit ans de prison sans ouvrir la bouche.

John Cerone naît le 22 juillet 1914 à Chicago. Son père, ouvrier italien, meurt alors qu’il a douze ans. Jackie commence par voler des voitures, puis des cargaisons d’alcool pendant la prohibition. Il rencontre Paul Ricca, le chef de la Chicago Outfit, qui le prend sous son aile. En 1940, Cerone est déjà un capitaine respecté.

L’ascension : bras droit d’Aiuppa

Dans les années 1960, Cerone devient le sous-chef de la Chicago Outfit. Il seconde Joseph Aiuppa. Son rôle dans le skimming est central. Cerone est l’homme qui reçoit les sacs de billets à l’aéroport de Chicago. Il organise le comptage, la répartition, le blanchiment via des sociétés écrans.

En 1983, le FBI place un micro dans le bureau du Stardust. Les bandes sont accablantes. L’une des conversations les plus célèbres : « Jackie dit qu’il faut vider les comptes avant l’audit. Jackie sait ce qu’il fait. »

La condamnation de 1986 : un tournant

Le juge condamne Cerone à vingt-huit ans de prison. Il entre à la prison fédérale de Lompoc, Californie. Il ne participe à aucun programme de réinsertion. Il lit des livres d’histoire et joue aux échecs. Ses lettres, publiées partiellement en 2005, sont d’une banalité confondante : « Le temps passe. La soupe est tiède. »

La libération et la mort dans l’oubli

Cerone est libéré en 1995, après neuf ans et demi de détention, pour raisons médicales. Il rentre à Chicago, s’installe dans une petite maison de Melrose Park, et ne sort que pour aller à l’église. En 1996, il meurt d’une crise cardiaque.

L’héritage de Cerone est celui d’un parrain discret et loyal, qui a fait fonctionner l’empire du jeu clandestin sans jamais rien révéler. Sa chute en 1986 a marqué la fin de l’emprise de la mafia de Chicago sur Las Vegas. Aujourd’hui, une animation casino séminaire Paris n’a pas besoin de micro dans les bureaux. Juste des croupiers, des tapis, et la certitude que personne ne viendra vous mettre sur écoute.

FAQ

1. Qui était Jackie Cerone ? John Cerone (1914-1996) était le sous-chef de la Chicago Outfit, superviseur du système de skimming qui a détourné des dizaines de millions de dollars des casinos de Las Vegas.

2. Pourquoi a-t-il été condamné en 1986 ? Des écoutes téléphoniques l’ont enregistré organisant le vol des revenus des casinos. Il a été reconnu coupable de racket et condamné à 28 ans.

3. Quel est son héritage ? Il a incarné le parrain discret et loyal. Sa condamnation a marqué la fin de l’emprise mafieuse sur Las Vegas.


Questions fréquentes

Comment transportait-on vraiment l'argent volé de Las Vegas à Chicago ?

Dans des sacs de billets embarqués à bord d'avions privés. Cerone attendait personnellement les cargaisons à l'aéroport de Chicago, puis organisait le comptage et la répartition via des sociétés écrans.

Qu'est-ce qui a vraiment fait tomber Jackie Cerone ?

Un micro caché par le FBI dans le bureau du Stardust en 1983. Les bandes ont enregistré des conversations accablantes, dont celle où on dit : « Jackie sait ce qu'il fait. »

Que faisait Jackie Cerone en prison ?

Il lisait des livres d'histoire et jouait aux échecs, refusant tout programme de réinsertion. Ses lettres révèlent une existence d'une banalité confondante : « Le temps passe. La soupe est tiède. »

Pourquoi la condamnation de Cerone marque-t-elle un tournant pour Las Vegas ?

Elle a sonné la fin de l'emprise de la mafia de Chicago sur les casinos de Las Vegas. Après 1986, l'ère des parrains discrets qui vidaient les coffres en toute impunité était révolue.


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