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1962. William Bennett vend sa chaîne de magasins de meubles en Arizona pour 40 millions de dollars. Il place l’intégralité dans une société dirigée par un ami. La société fait faillite. Bennett se retrouve ruiné.
En 1965, à 41 ans, il déménage sa famille au Nevada et frappe à la porte de Del Webb Corporation. Il obtient un poste d’hôte de casino au Sahara Tahoe. Sa femme Lynn travaille dans la cage aux billets pour compléter les revenus. Bennett, l’ancien millionnaire, apprend les rouages de l’hôtellerie de l’intérieur.
Le Mint : de -4,5 à +10 millions de dollars
En 1966, Del Webb lui confie le Mint, casino du centre-ville de Las Vegas qui perd 4,5 millions de dollars par an. Bennett cible une clientèle différente : joueurs de machines à sous et familles de classe moyenne plutôt que gros joueurs. En quelques années, le Mint génère 10 millions de bénéfice. Del Webb lui confie simultanément le Sahara Tahoe. Il demande un avion de société pour se déplacer entre les deux. Réponse de Del Webb : « Pas d’avions ! Air West en a plein. » Pas d’augmentation non plus.
C’est pendant cette période qu’il rencontre régulièrement au Zodiac Bar du Mint un jeune vendeur d’alcool ambitieux : Steve Wynn. Les deux hommes partagent leurs visions de l’avenir de Las Vegas. Wynn convaincra plus tard Bennett d’introduire Circus Circus en bourse.
Circus Circus : le cirque pour les familles
En 1971, Bennett quitte Del Webb avec un stock-option de 5 millions de dollars. Il s’associe avec Bill Pennington. En 1974, ils rachètent Circus Circus à Jay Sarno — son créateur l’avait conçu comme un « cirque pour adultes » qui peinait à trouver son public.
Bennett voit immédiatement le potentiel : créer le premier casino vraiment familial de Las Vegas. Il mise sur les machines à sous, encore considérées comme secondaires par l’industrie, et développe un concept unique — des spectacles gratuits de cirque au-dessus du casino, visibles depuis les machines. Les tarifs sont accessibles. L’ambiance est festive. Les familles de classe moyenne américaine arrivent en masse.
En 1983, Circus Circus Enterprises entre en bourse — IPO orchestrée par Michael Milken et Drexel Burnham Lambert, actions ouvertes à 15 dollars, clôture à 16,87 dollars le premier jour. Bennett peut financer ses projets suivants.
L’Excalibur à 300 millions, le Luxor à 375 millions
En 1990, il inaugure l’Excalibur — château médiéval de 4 000 chambres, 300 millions de dollars. Playboy magazine le qualifie de « vulgaire même selon les standards de Vegas. » L’Excalibur devient instantanément l’un des hôtels les plus populaires du Strip. En 1993, le Luxor — pyramide noire inspirée de l’Égypte antique, 375 millions de dollars. À son apogée, l’entreprise emploie 18 000 personnes, le plus gros employeur du Nevada.
La grève du Frontier : il nourrit les grévistes
Pendant la grève historique du Frontier Hotel dans les années 1990 — six ans de conflit — Bennett fait nourrir les grévistes par les cuisines de Circus Circus. Cela lui coûte près d’un million de dollars sur la durée du conflit. « Nous étions tous payés 150 000 dollars par an chez Del Webb, que nous gagnions de l’argent ou que nous en perdions », expliquait-il. Chez Circus Circus, les salaires des dirigeants figurent parmi les plus élevés de l’industrie.
Évincé à 71 ans, il rachète le Sahara
En 1994, première baisse de revenus de l’histoire de Circus Circus. Les coûts du Luxor pèsent sur les résultats. Une controverse éclate quand Bennett tente d’acheter l’Hacienda Resort en concurrence directe avec sa propre société. Procès, démission du conseil d’administration, vente de ses actions pour 230 millions de dollars.
En 1995, à 71 ans, il achète le Sahara pour 193 millions de dollars — l’établissement où avait débuté sa carrière trente ans plus tôt. Il y investit 100 millions en rénovations. En 1996, crise cardiaque. Il reprend le travail. Il embauche des dizaines d’anciens de Circus Circus, leur offrant des salaires équivalents à leurs anciens postes.
William Bennett meurt le 22 décembre 2002 à 78 ans. Forbes estimait sa fortune à 600 millions de dollars. Sa fille Diana Bennett dirige Paragon Gaming et rejoint son père au Gaming Hall of Fame en 2017 — seul duo père-fille de l’histoire de l’institution.
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Questions fréquentes
Comment un millionnaire ruiné à 41 ans a-t-il pu rebâtir un empire à Las Vegas ?
Après avoir perdu ses 40 millions de dollars dans la faillite d'un ami en 1962, William Bennett a tout recommencé de zéro comme simple hôte de casino au Sahara Tahoe en 1965. Sa femme Lynn travaillait à la cage aux billets pour joindre les deux bouts. Cette humilité forcée lui a permis d'apprendre les vrais rouages du casino de l'intérieur, ce qui deviendra sa plus grande force.
Pourquoi Bennett nourrissait-il les grévistes qui manifestaient contre un casino concurrent ?
Pendant les six ans de grève historique du Frontier Hotel dans les années 1990, Bennett a fait nourrir les grévistes par les cuisines de Circus Circus, pour près d'un million de dollars. Lui-même ancien employé modeste, il n'avait pas oublié ses débuts et croyait fermement à des salaires décents pour tous les travailleurs du casino.
Qu'est-ce qui a rendu Circus Circus si différent des autres casinos de Las Vegas ?
Bennett a transformé le concept raté de 'cirque pour adultes' en premier vrai casino familial : spectacles de cirque gratuits au-dessus des machines à sous, tarifs accessibles, ambiance festive. Alors que l'industrie méprisait encore les machines à sous, il a misé dessus et attiré massivement la classe moyenne américaine.
Pourquoi Bennett a-t-il racheté le Sahara à 71 ans après avoir quitté son propre empire ?
Évincé de Circus Circus en 1995 après une controverse et un procès, Bennett a acheté pour 193 millions le Sahara — exactement l'établissement où il avait débuté comme simple hôte trente ans plus tôt. Un retour aux sources chargé de symbole, où il a immédiatement embauché des dizaines d'anciens collègues de Circus Circus.
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