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3 janvier 1992. Kashiwagi est retrouvé mort dans la cuisine de sa maison au pied du mont Fuji. TransPercé de dizaines de coups de sabre. 770 000 dollars en liquide posés sur la table, intacts. Aucun signe d’effraction.
Il devait 9 millions de dollars aux casinos américains. 10 millions aux créanciers européens. Le meurtrier n’a jamais été retrouvé. La prescription a expiré en 2007.
Fils de charpentier, millionnaire à 40 ans
Né vers 1937 dans une famille pauvre de dix enfants, Akio Kashiwagi décroche de l’école, travaille comme ouvrier agricole, puis comme guide de montagne au mont Fuji. En 1969, il fonde Kashiwagi Shoji, une société immobilière, au moment parfait : la bulle immobilière japonaise des années 1980 multiplie les valeurs foncières locales par un million. En 1988, la valeur théorique des terrains au Japon dépasse quatre fois celle de tous les terrains des États-Unis.
Ses méthodes sont agressives — il disparaît quand les emprunteurs viennent le rembourser pour saisir les garanties en défaut, démolit un jardin d’enfants occupé pour construire un immeuble. Les rumeurs sur ses liens avec les yakuzas circulent. Ses finances sont si opaques qu’une évaluation de crédit pour un casino décrit sa profession simplement comme « affaires ».
Darwin, janvier 1990 : 22 millions en une session
Le casino Diamond Beach de Darwin, Australie, n’est pas préparé pour ce qui arrive. Kashiwagi gagne 22 millions de dollars en une session de baccarat. Les partenaires organisent une visite d’expert feng shui, modifient les portes, cachent un filet dans le plafond au-dessus de la table, installent un aquarium à côté.
La nouvelle se répand dans toute l’industrie du jeu. Donald Trump l’apprend et l’invite au Trump Plaza.
Le duel avec Trump
Penthouse avec vue sur l’océan, piano à queue, statue de jade de Bouddha à 800 000 dollars. Table de baccarat réservée exclusivement. Kashiwagi apporte 6 millions de dollars, reçoit 6 millions de crédit. Le premier soir, il gagne 4 millions. Trump écrit qu’il « jouait 250 000 dollars par main, 70 fois par heure » — soit 14 millions de dollars par heure. Il repart avec 6,2 millions de gains.
Pour la revanche, Trump engage le mathématicien Jess Marcum. Calcul : si Kashiwagi joue plus de 75 heures, ses chances de gagner tombent à 15 %. Ils conçoivent un accord informel — Kashiwagi reste jusqu’à avoir doublé sa mise ou tout perdu. En mai 1990, il perd 10 millions de dollars en 6 jours. Trump a remarqué qu’il semblait moins chanceux avec un groupe de jeunes croupières — il donne l’instruction de les garder en poste.
L’effondrement
La bulle immobilière japonaise éclate au début des années 1990. Kashiwagi doit 131 millions de dollars à une banque, montant qui dépasse la valeur comptable de tous ses actifs. Il vole en Europe pour récupérer ses pertes, perd 15,4 millions de dollars supplémentaires. Au Ritz de Londres : 6 millions de livres perdus. À Las Vegas : 10 millions. À Paris, dans une partie de poker, il perd 1 500 dollars, dit que le jeu est truqué, annule le chèque.
L’homme qui faisait trembler Trump misait désormais sur n’importe quelle table pour tenter de sauver ce qui restait.
La mort et le silence
Le 3 janvier 1992, entre 19 h et 20 h, la cuisine de sa maison au mont Fuji. Kashiwagi a 54 ans. Argent et diamants intacts sur place. Pas d’effraction. La police arrête un homme lié aux yakuzas et une femme. Il prétend que Kashiwagi ne l’avait pas payé pour une voiture de 34 500 dollars. Ils nient. L’arme du crime n’est pas retrouvée. Les suspects sont relâchés.
Prescription expirée en janvier 2007. Crime non résolu.
Dans « Casino » de Scorsese, le personnage de K.K. Ichikawa est directement inspiré de Kashiwagi. Dans les casinos du monde entier, quand un nouveau joueur à très hauts enjeux arrive, c’est encore à lui qu’on le compare.
Questions fréquentes
Pourquoi Donald Trump a-t-il engagé un mathématicien pour affronter Kashiwagi ?
Après avoir perdu 6,2 millions face à Kashiwagi, Trump fait appel à Jess Marcum qui calcule qu'au-delà de 75 heures de jeu, les chances du Japonais tombent à 15%. La stratégie fonctionne : en mai 1990, Kashiwagi perd 10 millions en 6 jours, notamment grâce à une équipe de jeunes croupières qui semblaient lui porter malchance.
Comment un ancien guide de montagne a-t-il pu gagner 22 millions en une nuit ?
Kashiwagi a fondé sa société immobilière en 1969, au moment parfait : la bulle japonaise des années 1980 multiplie les valeurs foncières par un million. Cette fortune colossale lui permet de miser 250 000 dollars par main, 70 fois par heure, faisant trembler les plus grands casinos du monde.
Pourquoi le casino de Darwin a-t-il installé un aquarium et caché un filet au plafond après sa visite ?
Après que Kashiwagi ait gagné 22 millions de dollars en une session, les partenaires paniqués font appel à un expert feng shui et modifient l'espace de jeu. Cette victoire légendaire attire l'attention de toute l'industrie, jusqu'à Donald Trump lui-même.
Qui avait intérêt à assassiner Kashiwagi alors que 770 000 dollars restaient sur la table ?
C'est le grand mystère : l'argent et les diamants sont intacts, pas d'effraction, mais Kashiwagi devait 9 millions aux casinos américains et 10 millions en Europe. Un homme lié aux yakuzas est arrêté puis relâché, l'arme jamais retrouvée, le crime prescrit en 2007.
L’atmosphère qui se dégage de ces récits, certaines entreprises cherchent à la recréer : soirée casino clé en main pour entreprise, avec tables et croupiers professionnels disponibles en Île-de-France.
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