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1972. Le Las Vegas Hilton signe Liberace pour 300 000 dollars par semaine — plus de 2 millions de dollars actuels. Aucune autre vedette de Las Vegas ne gagne autant. Il pleurera « jusqu’à la banque », dit-il à chaque mauvaise critique.
Władziu Valentino Liberace naît en 1919 à West Allis, Wisconsin, fils d’un corniste immigrant italien et d’une mère catholique polonaise fan de Rudolph Valentino. À quatre ans, il découvre le piano. À sept ans, il dépasse ses professeurs. À huit ans, le pianiste Ignace Paderewski le rencontre en coulisses et prédit son avenir.
750 dollars, puis 6 000
En 1944, ses premiers pas au Last Frontier de Las Vegas. Il négocie 750 dollars par semaine, doublant ses revenus habituels. Il découvre ensuite que Sophie Tucker, la vedette précédente, gagnait 6 000 dollars. La direction porte immédiatement son salaire à 1 500 et lui offre un contrat long terme. La leçon est retenue.
En 1952, il lance « The Liberace Show » — l’un des premiers programmes télévisés syndiqués. Pianiste qui parle à la caméra, incorpore son frère George et sa mère, mélange Chopin et musiques populaires. 35 millions de téléspectateurs par semaine, 219 stations. En 1953 : deux millions de disques vendus, Carnegie Hall et Madison Square Garden à guichets fermés.
62 kilos de fourrure sur scène
Son costume le plus coûteux : une fourrure de renard bleu norvégien de 300 000 dollars avec traîne de 5 mètres, portée sur un smoking incrusté de bijoux à 50 000 dollars. L’ensemble pèse 62 kilos. Son costume « King Neptune » atteint 91 kilos. Son créateur Michael Travis en 1982 : « Il n’y a rien qu’il ne fera pas. Chaque fois qu’il joue devant un nouveau public, il veut voir avec quoi il peut les choquer. »
Les pianos suivent la même logique. Le Baldwin de ses dernières représentations au Radio City Music Hall en novembre 1986 est recouvert de 80 000 cristaux Swarovski. En 1985, Swarovski lui offre le « Cœur de Liberace » : le plus grand strass au monde, 115 000 carats, 22,7 kilos.
L’invention de la résidence
Liberace ne tourne pas — il s’installe. Au Riviera dès 1955, deux spectacles par soir, 16 semaines par an. Il descend du plafond dans un piano de cristal, émerge d’un œuf Fabergé géant, arrive en limousine directement sur scène. Plutôt que des tournées épuisantes, un artiste fait venir son public à lui. Ce modèle, repris par Céline Dion (385 millions de dollars pour « A New Day »), Elton John, puis Adele et Katy Perry, révolutionne l’industrie du spectacle.
Au pic de sa popularité, son musée attire 450 000 visiteurs par an — troisième attraction touristique du Nevada après le Strip et le barrage Hoover.
1956 : Elvis et Liberace s’échangent les costumes
Au Riviera Hotel, Elvis Presley rejoint Liberace pour un spectacle. Les deux stars échangent costumes et instruments. Passation symbolique entre le roi du piano-spectacle et le futur roi du rock. Rob Lowe, qui jouera le chirurgien plastique de Liberace dans « Behind the Candelabra » : « Il a inventé le bling. Les rappeurs d’aujourd’hui ne porteraient rien de ce qu’ils font sans que Liberace l’ait fait en premier. »
Elton John. Prince. Lady Gaga. Michael Jackson. Tous passés par là.
La vie privée et les procès
En 1957, il poursuit le Daily Mirror britannique pour diffamation après allusion à son orientation sexuelle. Il gagne 15 000 dollars. Il niera toute sa vie. Betty White révèle en 2011 qu’elle lui servait régulièrement de « couverture » lors d’événements publics à la demande de ses producteurs.
En 1982, Scott Thorson — chauffeur devenu amant — réclame 113 millions de dollars de pension alimentaire. Liberace nie, accepte un règlement à 75 000 dollars plus trois voitures et trois chiens.
Il meurt le 4 février 1987, à 67 ans, dans sa résidence de Palm Springs. Officiellement une crise cardiaque. L’autopsie : pneumonie liée au sida. Sa fortune : entre 18 et 115 millions selon les sources. Treize villas. Une fondation qui a distribué 5,8 millions de dollars de bourses à 2 700 étudiants depuis les années 1970.
Le piano de cristal du Radio City, reconstruit après sa mort, a été utilisé par Cardi B aux Grammy Awards 2019. L’excès a une longue durée de vie.
Questions fréquentes
Pourquoi Liberace disait-il pleurer « jusqu'à la banque » ?
C'était sa réplique cinglante face aux critiques qui le descendaient. Alors qu'on se moquait de son extravagance, il empochait 300 000 dollars par semaine au Las Vegas Hilton en 1972 — un record absolu que personne d'autre n'atteignait à Vegas.
Combien pesait le costume le plus lourd de Liberace ?
Son costume « King Neptune » atteignait 91 kilos, mais son ensemble le plus coûteux — une fourrure de renard bleu à 300 000 dollars sur un smoking incrusté de bijoux — pesait déjà 62 kilos. Porter ces créations relevait autant de la performance physique que du spectacle lui-même.
Qu'ont échangé Elvis Presley et Liberace en 1956 ?
Au Riviera Hotel, les deux stars ont échangé leurs costumes et leurs instruments lors d'un spectacle légendaire. Une passation symbolique entre le roi du piano-spectacle et le futur roi du rock, immortalisant leur admiration mutuelle.
Liberace a-t-il vraiment inventé le concept de résidence à Las Vegas ?
Oui. Dès 1955 au Riviera, il s'installe 16 semaines par an au lieu de tourner, faisant venir le public à lui. Ce modèle, repris par Céline Dion (385 millions de dollars), Elton John, Adele et Katy Perry, a révolutionné l'industrie du spectacle.
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📅 Repères chronologiques
« Too much of a good thing is wonderful. »
— Liberace, Phrase emblématique résumant sa philosophie du spectacle et de l’excès, répétée dans de nombreuses interviews

Liberace au piano dans l’un de ses célèbres costumes scintillants lors d’une représentation à Las Vegas — Source : Wikimedia Commons — Domaine public
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