Dés chargés, dés magnétiques, faces multiples : l’histoire de la triche aux dés

Dés romains antiques

Illustration — Dés romains antiques. Photo : Rama, CC BY-SA 2.0 fr, via Wikimedia Commons.

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Il est l’un des objets les plus anciens de l’humanité. Et sans doute l’un des plus trahis. Le dé, né il y a plusieurs millénaires pour sonder le hasard, n’a jamais cessé d’être détourné par ceux qui voulaient le contraindre. L’histoire des dés pipés est celle d’une course sans fin entre l’inventivité des tricheurs et la vigilance des joueurs honnêtes. Des dés chargés au mercure des Romains aux faces multiples et aux aimants des tricheurs modernes, cette histoire raconte moins la technique que la constance d’une tentation : celle de forcer le destin.

Des origines antiques à la plume de Cotton

La triche aux dés est aussi vieille que le dé lui-même. En 2022, sur le site de la villa gallo-romaine de Mageroy, en Belgique, un jeune archéologue amateur a exhumé un dé en os brisé en trois morceaux. À l’intérieur, du mercure. Une première dans l’histoire de l’Antiquité, selon les chercheurs du projet Locus Ludi de l’université de Fribourg. L’historien Thomas Daniaux, doctorant à l’Université de Fribourg dans le cadre de ce projet, a étudié ce dé dans le cadre de sa thèse sur les jeux dans les Gaules romaines.

En Angleterre, un dé à jouer romain en bronze datant d’environ 2 000 ans a été découvert dans un champ du Yorkshire. Il est déséquilibré, conçu pour favoriser certaines faces.

Des origines antiques à la plume de Cotton

C’est dans ce contexte que Charles Cotton publie, en 1674, The Compleat Gamester. Cotton écrit : « Comme il y a de la triche (comme on dit) dans tous les métiers, elle est particulièrement intolérable dans le jeu ». Mais il refuse d’enseigner les méthodes : « mon affaire n’est pas de vous apprendre à tricher, mais de jouer de manière à ne pas être trompé ».

Le XIXe siècle : l’âge d’or du dé pipé

L’historien John Ashton, dans The History of Gambling in England (1898), décrit les dés « chargés » (loaded dice), lestés d’un côté par du plomb ou du mercure. Il décrit également des dés « à faces multiples » (tops and bottoms), dont certaines faces sont doublées pour augmenter les chances de sortie d’un numéro donné.

Le raffinement ultime est le dé à mercure « à bascule » (tumbling dice). Comme le décrit le spécialiste John Scarne dans Scarne on Dice (1945), le tricheur, en tapotant le dé avant de le lancer, déplace le mercure du centre vers un côté, chargeant ainsi le dé. Après le lancer, un tapotement dans la direction opposée ramène le mercure au centre, rendant le dé parfaitement équilibré et indétectable.

Le XIXe siècle : l’âge d’or du dé pipé

Le XXe siècle : l’ère des aimants et des matières nouvelles

Avec l’avènement des matières plastiques et des aimants, la triche aux dés entre dans une nouvelle ère. Les dés peuvent être chargés en insérant des substances magnétiques dans la masse. Le Federal Bureau of Investigation (FBI) a mis au point des protocoles pour détecter ce type de fraude, décrits dans le FBI Law Enforcement Bulletin de novembre 1976.

Les casinos modernes, conscients de ces risques, ont multiplié les mesures de sécurité. Les dés sont fabriqués dans des matières transparentes pour empêcher toute insertion de plomb ou de mercure. Ils sont régulièrement contrôlés, mesurés, pesés. Les professionnels de l’animation casino pour vos événements en Île-de-France proposent des formules qui restituent les codes du jeu dans un cadre festif. Mais dans un vrai casino, ces codes sont ceux d’une lutte sans merci entre le tricheur et le croupier.

Une archéologie de la triche

Une archéologie de la triche

Aujourd’hui, les dés pipés sont aussi des artefacts archéologiques qui nous renseignent sur les sociétés passées. Le dé au mercure de Mageroy, le dé romain du Yorkshire, les dés vikings découverts en Suède : tous témoignent de l’universalité de la triche.

Conclusion

Des dés au mercure des Romains aux dés magnétiques des tricheurs modernes, l’histoire des dés pipés est une histoire de l’ingéniosité humaine appliquée à la tromperie. Chaque époque a eu ses techniques, ses matériaux, ses ruses. Mais le principe est resté le même : forcer le hasard à obéir.

Le jeu d’argent comporte des risques. Jouer doit rester un divertissement. En cas de problème, contactez Joueurs Info Service au 09 74 75 13 13 (appel non surtaxé).

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