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Londres, années 1960. Berkeley Square. Un hôtel particulier, des ducs aux tables de jeu, des soirs où l’argent circule sans bruit. Au centre du décor, John Aspinall. Il a l’allure d’un dandy, le flair d’un bookmaker et la tête d’un homme qui sait exactement jusqu’où peut aller le risque.
Éleveur de gorilles, tricheur de génie, ami des lords. Aspinall a fait du Clermont Club un aimant pour l’élite britannique. Il a aussi traversé l’affaire Lord Lucan comme une ombre qui n’a jamais accepté de parler tout à fait.
Comment John Aspinall a-t-il commencé ?
John Victor Aspinall naît en 1926. Très tôt, il comprend que sa naissance même porte un secret — son père officiel n’est peut-être pas son père. Cette faille dans le récit familial nourrit chez lui une forme d’insolence froide qui ne le quittera plus.
Dans les années 1950, le jeu est encore interdit en Angleterre. Aspinall organise pourtant des soirées privées dans les beaux quartiers de Londres. Pas de licence, pas de publicité, seulement des invités riches et dociles. Il prélève sa part pendant que les autres perdent la leur. Le système marche parce qu’il vise juste : il ne cherche pas le grand public, il cherche ceux qui paient sans protester.
Pourquoi le Clermont Club a-t-il marqué Londres ?
En 1960, la loi change. Aspinall comprend immédiatement ce que cette ouverture peut lui apporter. Le 16 juillet 1962, il ouvre le Clermont Club au 44 Berkeley Square, dans une bâtisse du XVIIIe siècle pensée pour impressionner avant même que les cartes ne sortent.
Le lieu attire tout ce que Londres compte de plus haut placé. Ducs, marquis, comtes, ministres, magnats — James Goldsmith, Ian Fleming, David Stirling parmi les premiers membres. Le Clermont n’est pas un simple casino. C’est un filtre social. Aspinall résume l’idée sans détour : un endroit où les gentlemen peuvent se ruiner avec élégance. Il ne promet pas la chance. Il promet le style.
Le Clermont Club était-il truqué ?
Le glamour cache une mécanique plus rugueuse. En 1964, un scandale révèle que le Clermont utilise des cartes marquées. Le procédé est simple et redoutable : les cartes sont discrètement modifiées, remises dans leur emballage comme neuves, puis distribuées aux tables. Les initiés savent les lire. La maison garde l’avantage.
Derrière le vernis aristocratique, Aspinall se montre surtout comme un homme qui comprend la valeur d’un bon montage. Son associé dans cette affaire est Billy Hill, figure du milieu londonien — un voisinage qui rappelle que les casinos londoniens des années 1960 n’étaient jamais très loin du crime organisé. Les gains des premières soirées se comptent en milliers de livres. Il vend du prestige, mais il encaisse comme un professionnel.
Qui était Lord Lucan pour Aspinall ?
Le Clermont Club devient aussi le théâtre d’un cercle intime, le Clermont Set, autour d’Aspinall. Parmi eux, Lord Lucan. Beau, ruiné, joueur de baccara et de backgammon, il incarne à lui seul la chute possible de cette haute société qui se croit à l’abri de tout. Il fréquente le club presque chaque soir, perd, recommence, s’enfonce.
En 1974, il tue la nounou de ses enfants et disparaît. À partir de là, le silence devient l’autre décor de l’affaire. Aspinall ne parle pas. Ou parle à demi. Des années plus tard, il laisse entendre qu’il a peut-être vu Lucan après les faits. Rien n’est prouvé. Tout reste opaque. C’est exactement ce qui nourrit encore la fascination autour du club.
Que reste-t-il de l’héritage Aspinall ?
Aspinall vend le Clermont à Playboy en 1972, mais reste actif dans le jeu londonien jusqu’à la fin de sa vie. Il bâtit aussi deux zoos privés dans le Kent — Howletts et Port Lympne — financés par les bénéfices du jeu, et une fondation pour la conservation des animaux sauvages. Il meurt en 2000.
Son vrai pouvoir tenait à sa capacité à faire tenir ensemble des mondes qui ne devraient pas se toucher : l’aristocratie, l’argent sale, le spectacle et le secret. Ce que les équipes d’soirée casino avec croupiers professionnels retiennent de cette époque, c’est l’atmosphère des grandes salles privées — pas ce qui se tramait derrière les portes du Clermont.
FAQ
Qui était John Aspinall ?
John Aspinall était un propriétaire de casino britannique, né en 1926 et mort en 2000. Il a fondé le Clermont Club à Londres en 1962 et bâti sa réputation sur le jeu exclusif, tout en entretenant une vie marquée par les scandales, les animaux sauvages et le mystère Lord Lucan.
Qu’était le Clermont Club ?
Le Clermont Club était un casino privé très sélectif de Londres, ouvert en 1962 au 44 Berkeley Square. Il a accueilli l’aristocratie et les grandes fortunes britanniques, tout en étant au cœur d’un scandale de cartes marquées et de l’affaire Lord Lucan. Il a fermé définitivement en 2018.
Quel lien unissait Aspinall à Lord Lucan ?
Lord Lucan était un habitué du Clermont Club et un proche d’Aspinall. Après le meurtre de 1974 et la disparition de Lucan, Aspinall a toujours refusé de parler clairement. Une phrase lâchée des années plus tard — « j’ai été plus son ami après cela qu’avant » — a entretenu le doute sur ce qu’il savait réellement.
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