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« J’avais joué au poker professionnellement après le tennis, alors je me suis dit : qu’est-ce qui pourrait mal tourner ? » Boris Becker, dans son livre-mémoire Inside.
De 2007 à 2014, Boris Becker est ambassadeur de PokerStars. Il joue régulièrement sur le circuit de l’European Poker Tour — Monte-Carlo, Vienne, Prague, Barcelone — disputant des pots à six chiffres. Il maîtrise les cotes, lit les tells, gère sa bankroll avec la discipline d’un athlète de haut niveau. Triple champion de Wimbledon, il avait remporté le titre à 17 ans en 1985 — le plus jeune champion de l’histoire. Les mêmes qualités : agressivité calculée, gestion de la pression, lecture psychologique des adversaires.
En 2022, il est condamné à deux ans et demi de prison pour avoir dissimulé des actifs lors de sa déclaration de faillite de 2017. Il arrive à Wandsworth — l’une des prisons les plus anciennes et les plus dures du Royaume-Uni, construite en 1851, près de 1 600 détenus.
Wandsworth : cellule de quelques mètres carrés, cris toute la nuit
Dans son interview au magazine allemand SZ-Magazin pour promouvoir Inside, Becker décrit la prison comme un endroit qui « ronge l’âme et fait bouillir l’esprit. » Sa cellule : un lit de camp étroit avec matelas en plastique, murs de béton humides, toilettes métalliques sans siège. « En octobre, je dormais en survêtement et en chaussettes. Certaines nuits, il faisait si froid que je dormais avec deux vestes et deux paires de chaussettes, avec une serviette enroulée autour de la tête. » Il perd sept kilos les quatre premières semaines.
Les cris sont le pire. « Comme si les gens hurlaient pour sauver leur vie », raconte-t-il. Inlassablement, la nuit. Le sommeil devient impossible.
La partie avec les prisonniers roumains
Pour s’évader mentalement, Becker accepte une partie de poker avec un groupe de prisonniers roumains. Elle dure plusieurs jours — un marathon se déroulant dans les moments entre appels, repas et contrôles de sécurité. Quand la poussière retombe, l’ancien triple champion de Wimbledon est 500 livres sterling dans le rouge.
Dans le monde extérieur, 500 livres représentent une somme modeste pour un ancien sportif millionnaire. En prison, c’est une fortune. Les transactions se font via des crédits de cantine, des transferts arrangés par des complices à l’extérieur, ou des paiements en nature. Refuser de payer une dette de jeu est un affront qui ne se règle que par la violence. « Mais je jouais avec de vrais criminels, qui venaient dans ma cellule et me menaçaient si je ne payais pas », raconte Becker.
Le coup de fil à un ami
Désespéré, Becker appelle un ami à l’extérieur. Celui-ci effectue un transfert pour régler les 500 livres — dont l’identité n’a pas été révélée. « Si mon ami ne m’avait pas aidé, je pense que je serais une personne différente aujourd’hui. » La phrase est volontairement ambiguë sur ce qu’il aurait pu se passer.
Libéré en décembre 2022, mais pas vraiment libre
Becker est libéré après huit mois, peine réduite pour bonne conduite. Il retourne en Allemagne. Mais la liberté physique n’est pas la liberté psychologique. « Vous ne vous débarrasserez jamais complètement de cette période. Vous emporterez la prison avec vous dans votre nouvelle vie. Je ne peux m’endormir que si la porte de ma chambre est complètement fermée. »
Une porte ouverte signifiait en prison vulnérabilité, intrusion possible. Le cerveau de Becker, même dans la sécurité de sa maison, reste en mode survie. Il travaille aujourd’hui comme consultant et commentateur pour des médias allemands.
Pour les soirées poker où personne ne vient frapper à votre porte pour réclamer une dette, les animations casino en Île-de-France de L’As du Casino organisent des tournois clé en main — jetons fictifs, croupiers professionnels, aucun créancier à l’horizon.
Questions fréquentes
Pourquoi Boris Becker a-t-il accepté de jouer au poker en prison alors qu'il était joueur professionnel ?
Ancien ambassadeur PokerStars habitué aux tournois à six chiffres, Becker pensait maîtriser la situation. Mais il a sous-estimé un détail crucial : en prison, une dette de 500 livres ne se règle pas avec une carte bancaire, et les créanciers ne sont pas des joueurs courtois.
Comment se paient les dettes de poker en prison ?
Via des crédits de cantine, des transferts d'argent arrangés par des complices à l'extérieur, ou des paiements en nature. Dans l'univers carcéral, refuser de payer n'est pas une option négociable : c'est un affront qui se règle par la violence.
Qu'est-ce qui était pire que le froid et l'inconfort à Wandsworth selon Becker ?
Les cris incessants la nuit, qu'il décrit comme des hurlements de personnes luttant pour leur vie. Cette cacophonie permanente rendait le sommeil impossible et rongeait son équilibre mental plus encore que les températures glaciales de sa cellule.
Quelle séquelle psychologique Boris Becker garde-t-il de sa détention ?
Il ne peut désormais s'endormir que si la porte de sa chambre est complètement fermée. En prison, une porte ouverte signifiait vulnérabilité et intrusion possible : son cerveau reste en mode survie, même dans la sécurité de sa propre maison.
Naissance à Leimen, Allemagne.
Remporte Wimbledon à 17 ans — le plus jeune champion de l’histoire du tournoi.
Prend sa retraite sportive avec 6 titres du Grand Chelem.
Déclaré en faillite personnelle au Royaume-Uni, ses dettes dépassent 50 millions de livres.
Condamné à 2 ans et demi de prison pour avoir dissimulé des actifs lors de sa faillite.
« I was always a warrior on the tennis court. Off it, I made mistakes. »
— Boris Becker, entretien, 2018
Boris Becker lors de sa victoire historique à Wimbledon à l’âge de 17 ans.
Source : Wikimedia Commons — Domaine public
📅 Repères chronologiques
« I was always a warrior on the tennis court. Off it, I made mistakes. »
— Boris Becker, entretien, 2018

Boris Becker lors de sa victoire historique à Wimbledon à l’âge de 17 ans. — Source : Wikimedia Commons — Domaine public